Temps de lecture: 2 minutes – Repéré sur The Debrief
Exploitée dans Les Nouveaux Héros, un Disney étonnamment sous-coté, l’idée d’utiliser des microrobots pour traiter certains problèmes de santé est loin de n’être qu’un fantasme de dessin animé. Comme le rapporte The Debrief, des scientifiques de l’École polytechnique fédérale (ETH) de Zurich (Suisse) ont en effet annoncé une série d’expériences réussies portant sur la réparation de la moelle épinière lésée de poissons-zèbres et de souris après injection de minuscules robots contrôlés magnétiquement.
Ces microrobots contiennent des cellules souches pluripotentes, c’est-à-dire capables de se «transformer» en n’importe quelle cellule de notre corps et disposant de propriétés régénératrices naturelles. L’utilisation de ces cellules avait initialement suscité la controverse en raison de la nécessité d’extraire des cellules souches néonatales; depuis, les scientifiques ont heureusement appris à convertir des cellules souches ordinaires en cellules souches pluripotentes, sans avoir besoin d’aller ponctionner des bébés.
Des résultats très prometteurs
Dans un communiqué résumant ses travaux, l’équipe de l’ETH explique que les poissons-zèbres et les souris auxquels on a injecté les microrobots ont montré une amélioration de leurs mouvements et un comportement exploratoire normalisé quelques jours seulement après le traitement. Bien que les études initiales se soient limitées aux animaux de laboratoire, l’équipe espère que ses microrobots à commande magnétique pour l’administration précise de cellules souches pluripotentes finiront par pouvoir être utilisés à destination d’humains souffrant de lésions de la moelle épinière.
Contrairement à certaines cellules du corps humain, il est rare que les cellules nerveuses de la moelle épinière se régénèrent spontanément. En cas de lésion médullaire, les cicatrices peuvent encore réduire la capacité des fibres nerveuses à repousser, donc entraver les parcours de guérison des personnes atteintes d’une lésion de la moelle, auxquelles on promet régulièrement des avancées miracles.
La nouvelle approche combine des cellules souches thérapeutiques avec des nanoparticules magnétoélectriques et utilise des champs magnétiques pour les guider vers le «site précis de la lésion» et «stimuler les cellules souches pour accélérer la réparation». L’équipe de l’ETH a injecté des millions de ces nouveaux robots neuronaux dans la moelle épinière lésée de larves de poissons-zèbres, qui «présentaient une nage et un comportement exploratoire quasi normaux» au bout de trois jours. Chez les souris, les résultats de tests similaires ont été décrits comme «très prometteurs».
«Au bout de vingt-huit jours, les cellules nerveuses des animaux s’étaient reconnectées au niveau de la lésion», expliquent les chercheurs et chercheuses, qui ajoutent que «le guidage microrobotique rend le traitement plus précis et moins invasif». Mais que deviennent les microrobots une fois leur mission accomplie? Ils «se dissolvent quasiment» dans les tissus, répondent les scientifiques, tout en ajoutant que «des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer si et comment ces particules sont dégradées ou éliminées à long terme».
Source:
www.slate.fr


