La Commission européenne prévoit de présenter, mi-juillet, une réforme du marché du carbone (ETS) européen, consistant à appliquer le principe du pollueur-payeur. Bruxelles entend bien étendre cette tarification à l’ensemble des vols internationaux, alors que le transport aérien représente au moins 3% des émissions de CO2 mondiales (et que sa contribution au réchauffement climatique est supérieure).
Des compagnies aériennes vent debout et la France très réservée: la possible extension de la tarification européenne du carbone à des vols internationaux a suscité une série de critiques lundi.
Bruxelles doit en effet présenter, mi-juillet, une réforme du marché du carbone (ETS) européen, où les entreprises payent déjà pour polluer. Mais alors que la tarification carbone dans l’aviation s’applique déjà pour les vols intérieurs à l’Union européenne, Bruxelles prévoit une extension de cette tarification du carbone à l’ensemble des vols internationaux.
Jusqu’ici, la tarification ne s’appliquait qu’à l’intérieur de l’UE. Pour ces trajets internes, les compagnies doivent acquérir des quotas de CO2. Une large part de ces quotas leur était attribuée gratuitement pendant plusieurs années, mais cette gratuité est progressivement supprimée. La tonne de CO2 coûte actuellement environ 75 euros en Europe.
La Commission européenne s’interroge désormais sur la possibilité d’étendre ce mécanisme aux vols de l’UE vers l’international. L’aviation internationale est soumise actuellement à un mécanisme de compensation carbone beaucoup moins exigeant, baptisé Corsia.
Au moins 3% des émissions de CO2 mondiales
Lundi, quinze compagnies aériennes européennes, dont Lufthansa et Air France-KLM, ont appelé l’UE à ne pas étendre ses règles aux vols vers l’étranger. « Nous nous opposons fermement à toute extension partielle ou totale du périmètre géographique » du marché du carbone, ont-elles martelé. Cela « augmenterait encore le prix du billet », ont-elles assuré.
En marge d’une réunion des ministres des Transports de l’UE, la France, la Finlande, la Grèce, le Luxembourg, la Pologne et la République tchèque ont aussi fait part de leurs fortes réserves.
« Les expériences passées ont montré que les mesures unilatérales qui affectent les vols vers et depuis les pays tiers peuvent susciter de fortes réactions internationales », mettent-ils en garde, en défendant « l’équilibre » de l’architecture actuelle.
À l’inverse, les organisations environnementales soutiennent l’extension du mécanisme aux vols internationaux. Le transport aérien émet environ 3% du CO2 mondial, mais sa contribution au réchauffement est supérieure car les avions rejettent d’autres gaz à effet de serre et des traînées de condensation.
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