Dans « Qui se souvient de Joseph Diop », Nicolas Cartelet raconte le parcours d’un footballeur africain, depuis la gloire dans un club anglais jusqu’au mirage de l’argent du football chinois. Roman d’un passionné de football, récit aussi d’une réalité de footballeurs considérés parfois comme des marchandises.
Publié le 07/06/2026 14:00
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Joseph Diop aurait pu participer à une coupe du monde de football comme celle de cet été, aux États-Unis. Nicolas Cartelet revendique en tout cas le réalisme de son roman : « Je suis très attaché à la fiction, je ne me vois pas écrire une biographie de footballeur. Mais je tire des fils tous inspirés de faits réels. »
Trajectoire presque classique pour Diop, joueur sénégalais : passage par la France, puis championnat anglais, enfin la Chine « qui a pu être dans les années 2010 un eldorado pour des joueurs en fin de carrière ».
La Chine plutôt que le Qatar ou l’Arabie saoudite, et Nicolas Cartelet revendique ce choix : « La Chine a été l’exemple paroxystique du fric dans le foot. Il y avait ce projet Chine 2050, une grande nation du foot en créant tout à partir de rien. Il y a eu énormément de témoignages de joueurs disant qu’ils ne comprenaient pas grand-chose à ce qui se passait autour d’eux. »
Joseph Diop aurait pu être l’un de ces joueurs, et ce qui intéresse Nicolas Cartelet est de faire le récit « d’un joueur un peu naïf qui pensait simplement continuer à faire ce qu’il aime, jouer au football, et qui se retrouve comme un produit marketing, comme une belle prise ».
Ce qui frappe, c’est à quel point le footballeur est ballotté de club en club. « Mon roman prend Joseph Diop à la toute de fin de carrière, quand il se retourne et se rend compte qu’il n’a pas décidé grand-chose. » C’est le récit d’une forme de dérive du football business mais c’est aussi le roman d’un passionné de football, qui ne rate aucune Coupe du monde.
Nicolas Cartelet n’imaginait pas que son club préféré, Liverpool, ne figure pas dans son livre. « Il y a une ferveur chez les Anglais de Liverpool qui m’a beaucoup touché et c’était important que Joseph Diop passe par ce club et marque son histoire. » Diop offre à Liverpool la victoire en Ligue des champions, avec un but qui ressemble, comme un frère, à celui de Zidane pour le trophée au Real Madrid en 2002. La fiction, encore, mais le réel, toujours…
Qui se souvient de Joseph Diop de Nicolas Cartelet, publié chez Flammarion.
Source:
www.franceinfo.fr


