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Bordeaux refuse un legs d'objets d'art originaires de sept pays d'Afrique

Une ancienne sage-femme ayant exercé dans certains de ces pays, décédée en 2022, avait légué à la municipalité de Bordeaux sa collection composée d’objets d’art et d’un lot de bijoux et accessoires touaregs, estimés au total à 30.810 euros. Ces biens, conservés depuis au Musée d’Aquitaine, sont originaires du Gabon, du Nigeria, du Niger, de Côte d’Ivoire, de République démocratique du Congo, du Burkina Faso et du Togo.

« Une politique muséale responsable »

L’ancienne municipalité écologiste avait engagé des discussions avec le musée national des Arts, Rites et Traditions à Libreville, qui a confirmé en 2023 sa volonté de récupérer 33 pièces venant du Gabon. Cette fraction gabonaise de la collection de la donatrice, Marie-Thérèse Petit, une ancienne sage-femme ayant exercé dans plusieurs pays africains, comporte des poteaux, des masques, des statuettes et une cloche. Certaines pièces, très précieuses, proviennent de la région tsogho, l’un des peuples premiers du Gabon.

La Côte d’Ivoire et le Nigeria ont aussi manifesté leur intérêt et les quatre autres pays auront deux ans pour le faire selon la délibération votée lundi. « La Ville de Bordeaux souhaite promouvoir une politique muséale responsable, éthique et concertée, dans le respect des droits culturels et des principes de coopération internationale », a déclaré le maire Renaissance de Bordeaux, Thomas Cazenave, élu en mars. « Le rôle d’un musée au XXIe siècle n’est pas seulement de conserver mais aussi de dialoguer, de partager, de transmettre. »

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Une collection rapatriée au Gabon, une première

Une délégation gabonaise est venue assister lundi au conseil municipal, entérinant le refus du legs. C’est la première fois qu’une collection est rapatriée au Gabon en provenance de la France – une autre était revenue d’Italie il y a deux ans. La déléguée permanente du Gabon à l’Unesco, Bernice Abegue Owono, a salué un événement « historique » et espéré qu’il « pose les jalons d’une nouvelle ère ». « Ce ne sont pas de simples objets d’art mais des liens séculaires avec nos ancêtres. Ils attendaient depuis longtemps de rentrer chez eux », a ajouté l’ambassadrice.

Le 7 mai, le Parlement a adopté une loi-cadre facilitant les restitutions d’œuvres pillées durant la colonisation française, réclamées depuis des années en Afrique, concrétisant une promesse faite par le président Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017.

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Depuis, les restitutions sont restées rares : en 2020, 26 trésors d’Abomey avaient été rendus au Bénin et le sabre d’El Hadj Omar au Sénégal, et en février, un « tambour parleur » l’a été à la Côte d’Ivoire. La loi adoptée devrait permettre d’en faciliter de nouvelles.

Le refus du legs à Bordeaux ne s’inscrit pas dans ce cadre.

 


Source:

www.sciencesetavenir.fr

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