Et si les yeux pouvaient utiliser la lumière pour se soigner, un peu comme le font les plantes avec la photosynthèse? Des scientifiques de l’Université de Singapour ont mis au point un nouveau soin contre la sécheresse oculaire en s’inspirant de ce mécanisme qu’on retrouve majoritairement dans le règne végétal. Pour rappel, ce processus permet aux plantes vertes d’utiliser la lumière pour fabriquer leur nourriture à partir d’eau et de gaz carbonique, tout en rejetant de l’oxygène dans l’air.
L’étude, publiée dans le journal Cell et relayée par le site Live Science, consistait à incorporer une minuscule quantité d’une plante verte, ici de l’épinard, dans les yeux de souris, afin de créer des particules antioxydantes à partir de la lumière ambiante. Il fallait y penser.
Certaines espèces de limaces de mer figurent parmi les très rares animaux capables de produire eux aussi la photosynthèse, en ingérant des algues dont elles récupèrent et stockent les nutriments. Pour les chercheurs, il s’agissait de savoir si la même chose pouvait se produire chez les mammifères. Leurs résultats, encourageants, devraient permettre à terme de développer un traitement similaire pour soigner les sécheresses oculaires chez l’homme.
Les soins aujourd’hui utilisés fonctionnent en affaiblissant les réactions immunitaires de l’œil, responsables de la sécheresse. Pourtant, leur utilisation est déconseillée car risquée à long terme: elle peut conduire à d’autres problèmes oculaires, allant parfois jusqu’à la cécité ou des cataractes.
Des souris puis des hommes
Cette découverte n’est pas anodine, elle pourrait améliorer le quotidien de près de 1,5 milliard de personnes touchées par cette condition. Dégradation de la cornée, douleur chronique, altération de la vue et sensibilité à la lumière sont autant de symptômes qui pourraient disparaître aisément, tout ça grâce à un peu d’épinard dans l’œil.
En implantant dans des cellules de la cornée des mécanismes photosynthétiques du monde végétal, les yeux des souris testées ont pu capter la lumière ambiante et produire des antioxydants en totale autonomie, sans qu’aucune autre intervention ne soit nécessaire.
Les résultats sur les rongeurs sont sans appel: en cinq jours, les différences entre les souris traitées à l’épinard et les autres étaient visibles: plus de larmes, une cornée moins abîmée et des cellules protectrices plus nombreuses, tout ça sans aucun effet secondaire.
Pleurera-t-on bientôt des larmes vertes? Le docteur Leong, de l’Université de Singapour, affirme que «la concentration de chlorophylle est tellement faible dans les gouttes qu’on ne peut pas voir la couleur verte»… et c’est presque décevant.
Source:
www.slate.fr


