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Pourquoi l'explosion de la fusée «New Glenn» de Blue Origin est une véritable catastrophe

L’explosion, jeudi 28 mai, de la fusée New Glenn de Blue Origin lors d’un essai de tir statique a provoqué une spectaculaire boule de feu au-dessus de la Floride. Celle-ci a projeté des débris de la fusée à des kilomètres à la ronde, dans la mer et à travers la garrigue côtière voisine. Cet échec de lancement aura des conséquences désastreuses non seulement pour Blue Origin, mais aussi pour la NASA et de nombreux secteurs de l’industrie spatiale américaine.

Conséquences sur le site de lancement, prochaines missions, retard sur le programme lunaire… Dans un article, Ars Technica donne un aperçu des principaux problèmes qui découleront de cette explosion, qui pourrait aller jusqu’à perturber les missions de la NASA.

Avant le tout premier lancement de la fusée Falcon Heavy en 2018, le fondateur de SpaceX Elon Musk avait expliqué: «J’espère qu’elle s’éloignera suffisamment de la rampe pour ne pas l’endommager.» Il avait réitéré ses propos lors du premier lancement de Starship, affirmant qu’il considérerait tout ce qui ne détruirait pas la rampe de lancement comme une «victoire».

Et pour cause, ce type de fusées produit de grosses explosions et les infrastructures au sol constituent un élément difficile et sous-estimé d’un lancement de fusée. Plusieurs sources ont confirmé que le site de lancement de Blue Origin en Floride, le LC-36A, a subi des dégâts importants. L’entreprise travaille depuis plusieurs années et a investi au moins des centaines de millions de dollars dans cette installation.

Pour le moment, aucun autre site de lancement n’existe pour New Glenn. La reconstruction de la rampe de lancement, ou l’achèvement d’une nouvelle, prendra probablement au moins un an, même avec un effort considérable de la part de Blue Origin et en s’appuyant sur les ressources quasi illimitées de Jeff Bezos. Une source proche des travaux de reconstruction a estimé que 15 mois constituaient le «meilleur scénario» possible.

Différentes méthodes

SpaceX a l’habitude de faire exploser des fusées Starship à tout va –on teste, on fait voler, on échoue et on apprend de ses erreurs– quand Blue Origin a opté pour une approche plus traditionnelle et prudente. Ainsi, les trois premiers vols de New Glenn se sont bien déroulés. Blue Origin était alors sur le point de lancer ce véhicule au service de divers clients, de la NASA à Amazon en passant par AST SpaceMobile.

L’atterrisseur cargo de Blue Origin s’est imposé comme le cheval de bataille incontesté des premières phases du programme Artemis et de la base lunaire de la NASA. Il est capable de transporter jusqu’à 3 tonnes à la surface de la Lune et servirait de précurseur à une version plus grande d’un atterrisseur destiné à emmener des humains sur la Lune.

Retards sur le programme lunaire

Cette semaine, la NASA a annoncé que sa mission Moon Base I serait menée à bord du Blue Moon Mark 1, et elle a attribué à Blue Origin un contrat de 280 millions de dollars (plus de 240 millions d’euros) pour la livraison de deux rovers lunaires en 2028. De nombreuses autres missions sont prévues pour cet atterrisseur, qui a été conçu pour être envoyé sur la Lune à bord d’un seul véhicule New Glenn.

En raison des problèmes liés à la base de lancement, le programme de base lunaire connaîtra soit des retards importants, soit la nécessité de restructurer ses premières phases. Cela a également des implications majeures pour les principales missions habitées Artemis.

La NASA semble déterminée à lancer la mission Artemis III en 2027 et prévoit d’annoncer les noms de ses quatre membres d’équipage dans quelques semaines. Mais il est désormais presque certain qu’un atterrisseur Blue Moon ne sera pas prêt pour une telle mission dans les 18 prochains mois. La NASA devra décider s’il faut attendre Blue Origin ou aller de l’avant uniquement avec une mission Starship.

Quant à Artemis IV, la mission d’alunissage, cet échec complique encore davantage ce projet. Il est difficile d’imaginer un scénario dans lequel un atterrisseur Blue Moon certifié pour l’équipage serait prêt à un moment quelconque en 2028. Même si le matériel est bien avancé, Blue Origin doit encore effectuer des missions d’essai avec le Mark 1, qui sont suspendues pour une durée indéterminée.


Source:

www.slate.fr

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