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Au cours de leur vie, les femmes passent par plusieurs phases de bouleversements hormonaux : à la puberté, au moment des grossesses puis lors de la périménopause. À chaque fois, leur biologie interne est chahutée et ces réorganisations chimiques de leurs corps et de leurs cerveaux peuvent se traduire par de la dépression. Avant la puberté et après la ménopause, les taux de dépression sont les mêmes pour les deux sexes, mais dans toute la phase où les femmes sont fertiles, elles sont deux fois plus nombreuses à souffrir de cette maladie, explique la psychiatre Lucie Joly, autrice de La dépression au féminin : démystifier, comprendre, guérir. Egalement au programme de cette édition : le verdict choquant d’un juge britannique qui n’a pas voulu « criminaliser » des adolescents auteurs de viols sur mineures. Bien que leur culpabilité ne fasse aucun doute, ils ont évité la case prison et seulement été condamnés à des mesures de réinsertion pour mineurs. Au Népal, l’alpiniste Lhakpa Sherpa a réussi sa 11e ascension de l’Everest, devenant la détentrice du record mondial chez les femmes. Mais pour réussir cet exploit, elle a dû se battre contre sa culture et les préjugés, autant que contre les sommets de l’Himalaya.
C’est une maladie endémique, qui touche environ 5 % de la population mondiale, soit jusqu’à 332 millions de personnes à travers la planète, selon l’OMS. Et dans cette immense cohorte de malades, les deux tiers sont des femmes. Maladie méconnue, parfois prise pour un laisser-aller ou de l’auto-apitoiement, la dépression tue pourtant des milliers de personnes chaque année, qui décident de mettre un terme à leurs jours. Les conditions varient, mais une donnée se dégage clairement : la prévalence de la maladie chez les femmes, et notamment chez les jeunes mères.
La dépression du post-partum est une catastrophe de santé publique qui ne dit pas son nom. Et pourtant ! Le suicide est la première cause de mortalité dans l’année qui suit la naissance d’un enfant et concerne en moyenne une jeune mère qui se donne la mort toutes les trois semaines en France. Cette dépression s’accompagne en plus d’un stigmate particulier pour les mères qui en souffrent quand la société leur répète qu’elles devraient nager dans le bonheur de la maternité.
Autre particularité surprenante de la dépression : les symptômes aussi diffèrent, en particulier entre hommes et femmes. Si les premiers sont plus agressifs, plus agités, dorment moins… les secondes ont tendance à souffrir d’hypersomnie, à avoir un appétit plus important. Pourtant, quels que soient les sexes et les causes des dépressions, elles sont toutes soignées par les mêmes molécules. Il semble pourtant surprenant, pour ne pas dire ridicule, de suggérer les mêmes médicaments à une femme en post-partum qu’à un homme qui vit un événement personnel difficile… sans être passé par les montagnes russes hormonales d’une grossesse et d’un accouchement.
D’autres raisons expliquent la prévalence de la maladie chez les femmes, comme des marqueurs génétiques qui semblent également en cause. Mais il existe aussi des causes environnementales et liées aux événements de la vie et de la société. L’émergence des réseaux sociaux s’est accompagnée d’une augmentation des dépressions chez les adolescents et les jeunes adultes, et notamment pour les jeunes filles qui se confrontent à des idéaux physiques dangereux. D’autres circonstances voient de brusques hausses de dépression comme les guerres, les crises économiques ou la pandémie de Covid-19.
Le problème de la dépression est le même que celui de l’infarctus du myocarde : les symptômes ne sont pas les mêmes chez les hommes et chez les femmes. Au point que ces dernières sont prises en charge avec un délai de trente minutes supplémentaires, avec des conséquences dramatiques : parmi elles, 53 % vont en mourir, contre 43 % pour les hommes. En réalité, la médecine a longtemps exclu les femmes des essais cliniques, sous prétexte que les variations du cycle pouvaient perturber les études et les résultats, mais en se contentant aussi, parallèlement, de les soigner leurs corps comme s’il s’agissait… de petits hommes.
Source:
www.france24.com


