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Un feuillet de Rubens révèle le peintre en plein travail

Un feuillet recto verso de Peter Paul Rubens, daté de septembre 1607, est désormais présenté à Anvers, ville natale du peintre. Le document réunit, sur une même feuille, un dessin à l’encre brune représentant trois hommes en robes classiques, probablement des études d’apôtres, et, au verso, un brouillon de lettre en italien adressé au peintre Cristoforo Roncalli, aussi connu sous le nom d’Il Pomarancio.

L’œuvre a été acquise à la TEFAF Maastricht par la Fondation Roi Baudouin, à la demande du Rubenshuis, pour 110.000 €, selon CODART, réseau international consacré aux musées d’art néerlandais et flamand.

Le document apparaît aujourd’hui au Rubens Experience, l’espace d’exposition interactif du Rubenshuis ouvert en 2024. Il est présenté comme un prêt de longue durée de la Fondation Roi Baudouin. The Guardian rapporte que la feuille avait appartenu à un propriétaire privé américain et que le prix demandé, initialement fixé à 145.000 €, a été abaissé en raison de sa destination publique.

Une feuille, deux visages de Rubens

Le recto retient d’abord l’œil. Rubens y esquisse trois figures en quelques traits souples, avec une économie de moyens qui laisse voir le geste plutôt que l’œuvre achevée. En haut de la page, des lignes plus épaisses et irrégulières semblent correspondre à des essais de plume. Le document prend ainsi valeur de trace de travail : non pas une grande composition officielle, mais une page d’atelier, rapide, mobile, presque intime.

Le verso donne une autre image du jeune Rubens. La lettre adressée à Roncalli concerne une commande d’Eleonora de’ Medici, duchesse de Mantoue. Le peintre y apparaît comme intermédiaire, conseiller et correspondant, intégré aux réseaux artistiques italiens. Cette double fonction fait l’intérêt du feuillet : il conserve à la fois la main qui dessine et la main qui négocie.

En 1607, Rubens vit encore en Italie, où il séjourne de 1600 à 1608. Le Rubenshuis souligne que le brouillon éclaire son rôle de médiateur dans ce milieu artistique. Le document date donc d’une période décisive, avant son retour durable à Anvers et avant l’essor des grandes commandes qui fixeront sa place dans la peinture baroque européenne.

Un ajout rare pour le Rubenshuis

La rareté tient aussi aux collections disponibles en Belgique. D’après The Guardian, le Rubenshuis possédait jusqu’ici seulement deux dessins et dix lettres de Rubens, tous issus d’une période plus tardive. Ce feuillet enrichit donc les collections publiques d’un témoignage antérieur, directement lié aux années italiennes du peintre.

La feuille possède un intérêt particulier pour une institution comme le Rubenshuis, qui conserve et présente l’héritage du peintre dans sa ville. Elle rejoindra à terme la maison historique de Rubens, actuellement en rénovation, lorsque celle-ci rouvrira.

La réouverture n’interviendra pas avant 2030.

 

 

Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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