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Le budget de la métropole Aix-Marseille-Provence placé entre les mains de l’Etat

Le président (Les Républicains) de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, lors de son élection à Marseille, le 7 avril 2026.

Le bras de fer engagé avec l’Etat par les élus de la vaste métropole d’Aix-Marseille-Provence a conduit à une mesure rarissime : le préfet a pris la main sur les finances de l’institution et a saisi, lundi 4 mai, la chambre régionale des comptes (CRC) pour qu’elle élabore le budget 2026 de l’intercommunalité, a annoncé, mardi, la préfecture à l’Agence France-Presse (AFP).

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Cette décision exceptionnelle, qui revient à placer la métropole sous tutelle, était inévitable après que les conseillers métropolitains ont renoncé, le 28 avril, à voter son budget annuel qui affiche un trou financier de 123 millions d’euros – sur une enveloppe totale de 4,8 milliards en 2025. La CRC, instance de contrôle, dispose d’un mois, à réception de tous les documents financiers, pour élaborer un nouveau projet budgétaire.

Les 92 maires de la métropole, toutes étiquettes politiques confondues, ont choisi cette option radicale en toute connaissance de cause, chargeant l’Etat de décider des coupes à effectuer. Ils revendiquent leur volonté d’envoyer « un signal d’alarme » au gouvernement sur les baisses de dotations de l’Etat aux collectivités, qui sont tenues légalement de voter un budget à l’équilibre.

Hausse des coûts de fonctionnement

La mise sous tutelle est relative, assure à l’AFP David Ytier, vice-président (Les Républicains, LR) de la métropole chargé des finances, car l’intercommunalité continuera de gérer « les affaires courantes » et aura encore « son mot à dire ».

La CRC « va revenir vers nous avant de faire ses préconisations au préfet », qui prendra les arbitrages finaux, ajoute M. Ytier qui est également adjoint au maire (LR) de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), Nicolas Isnard, le président de la métropole. « Les solutions, il n’y en a pas mille : ce sont des hausses d’impôts », notamment la taxe foncière, lâche-t-il. « On ne veut juste pas l’assumer, c’est à l’Etat de le faire. On le met face à ses responsabilités ».

« C’est un peu facile que l’Etat, dans sa recherche d’économies, se défausse sur les collectivités », abonde Arnaud Drouot, adjoint au maire de Marseille, la deuxième ville de France, dirigée par la gauche.

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La situation, étonnante pour un territoire de près de deux millions d’habitants, n’est pas totalement inédite. A la suite d’une crise politique locale en 2025, le département de la Charente n’avait pas été en mesure de voter son budget dans les délais légaux, obligeant l’Etat à prendre les décisions budgétaires à sa place.

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Outre les baisses de dotations de l’Etat, la métropole fait également face à une hausse des coûts de fonctionnement, en raison des infrastructures de transports publics, une de ses compétences, lancées par le plan d’investissement Marseille en grand.

Déplafonnement du versement mobilité

Les élus métropolitains avaient lancé en avril un appel solennel à l’Etat pour qu’il les aide à combler le déficit pour l’année 2026. L’institution veut obtenir, à l’instar du Grand Paris, un déplafonnement du versement mobilité, une taxe payée par les entreprises ; celle-ci peut monter jusqu’à 3,20 % sur les territoires du Grand Paris, mais elle est fixée à 2 % pour Aix-Marseille-Provence. Un point d’augmentation représenterait environ 220 millions d’euros de recettes supplémentaires.

« Pourquoi Paris et pas nous ? », dit à l’AFP Georges Cristiani, maire de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône. En attendant, « il faudra se serrer la ceinture », avoue l’édile, qui souhaite revoir les compétences métropolitaines afin « que les mairies récupèrent celles du quotidien, ce qui ferait plus d’argent pour l’instance » métropolitaine.

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Afin que le probable choc fiscal ne soit pas trop rude, David Ytier affirme que l’instance étudie parallèlement des pistes d’économies « sur son train de vie », ciblant entre 30 millions et 60 millions d’euros annuels, mais il admet d’office que « ce ne sera pas suffisant ».

En déplacement à Marseille, fin avril, le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait reconnu que les dispositions budgétaires concernant les intercommunalités étaient « dures », prônant « une méthode complètement différente pour le budget de l’année prochaine ».

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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