Un procès est requis pour meurtre contre l’automobiliste soupçonné d’avoir volontairement écrasé un cycliste de 27 ans à Paris en octobre 2024, un drame qui avait suscité une vive émotion, a appris mardi 28 avril l’Agence France-Presse (AFP) de sources proches du dossier.
Le parquet demande qu’Ariel M., 53 ans, soit jugé aux assises. Le ministère public l’accuse d’avoir, le 15 octobre 2024, « percuté volontairement avec son véhicule » Paul Varry, 27 ans, « en lui roulant sur le corps et en l’écrasant à l’aide de son véhicule », d’après son réquisitoire dont l’AFP a eu connaissance. Un drame qui s’était produit en fin d’après-midi boulevard Malesherbes, dans le 8e arrondissement de la capitale.
Ses avocats, Mes Steeve Ruben, Caroline Toby et Fabien Arakelian, n’ont pas réagi dans l’immédiat. « Mes clients sont soulagés de constater que le parquet retient l’intention homicide », a de son côté déclaré Me Yassine Bouzrou, qui représente la famille du cycliste. « Les faits démontrent clairement qu’il n’a pas seulement voulu blesser Paul Varry, mais qu’il a délibérément décidé de l’écraser, au niveau de la tête, avec son véhicule de plusieurs tonnes. Il ne pouvait ignorer qu’il allait donner la mort en faisant de telles manœuvres », a-t-il insisté.
Dans son réquisitoire, le parquet s’appuie notamment sur un rapport d’accidentologie, contesté par la défense. Ce rapport « souligne le bon état de fonctionnement du véhicule, la bonne visibilité ambiante et indique que la présence du cycliste (…) est au moment des faits détectable puisque visible directement de la position de conduite ».
Le suspect conteste les accusations
Le 14 avril, le suspect avait été relâché sous bracelet électronique, mais il a été réincarcéré lundi sur décision de la chambre de l’instruction, dont l’AFP a eu connaissance. Une décision saluée par Me Bouzrou. « Sa libération aurait été une insulte à tous les cyclistes, quotidiennement mis en danger par des prédateurs de la route », a estimé l’avocat.
Le suspect conteste les accusations depuis le début de l’affaire. « Je suis désolé de ce qu’il s’est passé. Je n’ai jamais été un voyou, je n’ai jamais fréquenté des voyous », avait assuré Ariel M. lors de son audience devant le juge des libertés et de la détention.
Au cours de l’enquête, Ariel M. affirmait encore qu’il était en retard et avait conduit sur la piste cyclable, mais avait été insulté par le cycliste, qui lui reprochait d’avoir écrasé son pied. Il soutenait avoir voulu « se dégager de son pied » et avoir « paniqué » devant Paul Varry qui « voulait en découdre » et avoir cherché à « s’extirper de la situation ».
Des « déclarations et une attitude qui montrent un mépris absolu pour la vie humaine », selon l’avocat de la famille du cycliste.
Source:
www.lemonde.fr


