L’affaire provoque un malaise grandissant et une colère sourde dans les rangs des 1 400 policiers de La Réunion. Le directeur territorial adjoint de la police nationale (DTPN), un commissaire divisionnaire de 54 ans, est mis en cause par une attachée administrative, une cadre qui travaillait sous ses ordres, pour des faits présumés de harcèlement sexuel.
Une enquête interne a été ouverte début novembre 2025 par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), qui s’est rendue dans l’île entre le 16 et le 20 février. Depuis, le numéro 2 de la police réunionnaise continue d’exercer ses fonctions. « Cette enquête disciplinaire est toujours en cours », confirme-t-on à la direction générale de la police nationale (DGPN). « Je n’ai aucune déclaration à faire, répond au Monde le directeur territorial adjoint. J’ai été entendu par l’IGPN lors d’une audition. Il faut attendre ses conclusions. C’est de mon honneur dont il est question. »
Cette situation provoque incompréhension et questionnements dans les rangs des policiers réunionnais, à plusieurs niveaux de hiérarchie, en raison de l’absence de mesure conservatoire, de la lenteur de la procédure et des conséquences pour l’attachée administrative, en arrêt de travail depuis plusieurs mois. A tel point que, le 31 mars, lors d’un comité social d’administration de réseau police nationale – l’instance consultative en matière d’organisation et de fonctionnement des services –, la fédération des huit syndicats Unsa du ministère de l’intérieur, la Fasmi, a exigé qu’une décision soit prise dans cette procédure. « La mise en cause du DTPN adjoint fait aujourd’hui l’objet d’une médiatisation qui n’est pas de nature à apaiser le climat ambiant et qui nécessite un arbitrage de la DGPN », fait savoir, le 1er avril à Paris, la Fasmi qui comprend notamment Unsa Police, le syndicat des officiers, et le syndicat des commissaires.
Les faits présumés remontent à la période entre juillet et septembre 2025. Alerté par l’attachée administrative fin septembre 2025, le numéro 1 de la police à La Réunion a fait remonter ce signalement visant son adjoint à la direction générale de la police avant que celle-ci saisisse l’Inspection générale de la police nationale. La cadre n’a pas souhaité déposer plainte devant la justice. Contactée par Le Monde, elle a refusé de s’exprimer sur l’affaire.
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Source:
www.lemonde.fr


