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Violences sexuelles dans l’Eglise : « Le dispositif annoncé par les évêques de France fait courir le risque d’un recul majeur pour la reconnaissance et la réparation des victimes »

Suite à la publication, en octobre 2021, du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), la Conférence des évêques de France avait décidé de créer l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), en novembre de la même année. Cet organisme médiateur extérieur à l’Eglise peut être saisi par les victimes, le parcours étant susceptible de déboucher sur une réparation, éventuellement sous la forme d’une indemnisation.

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Or, les évêques de France ont annoncé, en mars, lors de leur assemblée plénière à Lourdes, la fin du mandat de l’Inirr, prévue pour le 31 août, et la création, à sa place, du dispositif « Renaître », d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des victimes, appelé à être déployé dans tous les diocèses de France. Ce qui se joue n’est pas un simple ajustement technique, mais une réorientation institutionnelle majeure dans la reconnaissance, la réparation et l’accueil de la parole des personnes victimes dans l’Eglise.

En 2022, au moment de la mise en place effective de l’Inirr, nous alertions déjà sur un point essentiel : pour les personnes victimes de violences sexuelles dans l’Eglise, la réparation financière ne pouvait être ni accessoire, ni laissée à l’appréciation variable des dispositifs. Quatre ans plus tard, le problème n’est plus seulement celui des modalités de la réparation. C’est désormais le cadre même qui risque d’être fragilisé.

La responsabilité de tout un système

Si, depuis la publication du rapport de la Ciase, la parole s’est ouverte, elle est encore très loin de s’être déployée à l’échelle de ce que l’Eglise catholique a laissé se produire pendant des décennies. A ce jour, seules 1 800 personnes victimes se sont adressées à l’Inirr, sur les 330 000 victimes de violences sexuelles dans l’Eglise − selon l’estimation de la Ciase −, soit 0,55 %.

Ce constat devrait inciter à la prudence et à la consolidation de ce qui a été difficilement mis en place, plutôt qu’à reconfigurer trop précocement cette instance. Car la crise n’est pas derrière nous. Elle est encore là, liée à la lenteur avec laquelle la parole émerge, à la difficulté extrême qu’il y a, pour une victime, à écrire, raconter, revenir sur les faits ; ou même supporter les mots nécessaires pour évoquer ce passé.

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Source:

www.lemonde.fr

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