La guerre au Moyen-Orient fait craindre une hausse des prix en rayon. La question d’une réouverture des négociations commerciales entre supermarchés et fournisseurs pour tenir compte de l’impact du conflit commence à se poser mais le gouvernement temporise.
Les prix vont-ils s’envoler dans les supermarchés? À cause de la guerre au Moyen-Orient, la question d’une réouverture des négociations commerciales entre supermarchés et fournisseurs pour tenir compte de l’impact du conflit commence à se poser mais le gouvernement temporise. La situation est moins pressante qu’en 2022 avec la guerre en Ukraine, estime le ministère du Commerce, qui met en garde contre d’éventuelles « hausses injustifiées », tout en reconnaissant les limites d’un système « à bout de souffle ».
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, les prix et les conditions (modalité de livraison, calendrier promotionnel…) auxquelles les grandes surfaces s’approvisionnent auprès des fabricants (hors marques de distributeurs) font l’objet de discussions houleuses. D’après les distributeurs, ces tractations se sont soldées par des hausses de prix inférieures à 1% en moyenne, jugées insuffisantes par les fournisseurs au regard de leurs frais de production et besoins d’investissement.
Des demandes de réouvertures « prématurées » selon les distributeurs
La fin des négociations a coïncidé cette année avec le début de la guerre au Moyen-Orient, à l’origine d’une flambée des prix du pétrole, du gaz, mais aussi des emballages, des engrais et du gazole agricole. Face à cette nouvelle donne, les coopératives laitières derrière les marques Yoplait ou encore Soignon ont demandé dès le 9 avril une réouverture des négociations.
La Coopération agricole, qui représente quelque 2.000 entreprises coopératives, a elle réclamé vendredi une révision des prix et un « comité de suivi des relations commerciales ». De son côté, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a invité les distributeurs « à entendre les besoins » qui leur seraient remontés dans « le cadre de demandes de négociations individuelles », tandis que Pact’Alim (3.000 PME et ETI) – plaide pour une « juste répercussion des surcoûts ».
Les demandes de réouvertures sont « limitées » et « prématurées », estime la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD). En outre, « des clauses de révision » permettent de rediscuter les contrats « dès lors que c’est justifié », explique la déléguée générale de la FCD, Judith Jiguet. Selon elle, les industriels sont en train d' »installer une pression » pour « préparer le terrain » dans l’attente d' »éléments probants ».
« Le système est à bout de souffle »
En mars 2022, le gouvernement avait ordonné une réouverture des négociations, clôturées deux semaines plus tôt, en réponse aux conséquences de la guerre en Ukraine déclenchée fin février. Mais la situation était différente, insiste Bercy, citant notamment l’envolée des prix du blé ou « la sous-production d’électricité venue du parc nucléaire » en France.
La réouverture des négociations 2026 « est une option, mais nous n’en sommes pas encore là », a déclaré le ministre du Commerce et des PME Serge Papin dimanche, quelques jours après avoir admis qu’il allait « falloir sans doute » y recourir. Entre-temps, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait appelé les parties prenantes à se « remettre autour de la table ». Serge Papin, la FCD ou encore l’Ilec, lobby des grandes marques s’accordent sur un point: le « système est à bout de souffle ».
« Il va falloir discuter de la date butoir » au 1er mars, spécificité française inadaptée à un « contexte qui fluctue sans cesse », lance Judith Jiguet, rappelant que seuls les distributeurs sont sanctionnés en cas de non respect des délais.
Serge Papin, lui, milite pour le recours à des contrats pluriannuels, une réforme législative semblant peu probable à un an de la présidentielle.
Pas d’hyperinflation sur certains produits comme entre 2022 et 2024
Rénégociation ou pas, « une hausse des prix est inévitable », l’Insee l’évaluant à « 2% en juin », a prévenu Serge Papin début avril. Mais elle « sera très loin de l’hyperinflation » connue « entre 2022 et 2024 », de « près de 20% pour certains produits ». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a appelé les industriels à être « raisonnable » dans les hausses de prix.
Lundi, Michel-Edouard Leclerc et le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, ont affirmé que le prix du panier de courses serait stable à court terme. Si l’UFC Que Choisir, devenu Que choisir ensemble, prédit une hausse de 4 à 5% des prix en rayon dans les mois à venir, « personne n’a de boule de cristal », a commenté Dominique Schelcher.
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