En France, 70 % des travailleurs du savoir* (cadres, analystes, juristes, commerciaux…), utilisent déjà l’IA au travail, contre 43 % un an plus tôt. C’est l’un des enseignements du Work Relationship Index 2025, qui dresse le portrait du décalage entre les ambitions numériques des entreprises et la réalité de leurs infrastructures. Car si l’usage de l’IA progresse à marche forcée, la majorité des parcs informatiques n’a pas été conçue pour répondre aux exigences spécifiques de l’Intelligence artificielle.
Pour les DSI et décideurs IT, l’enjeu n’est plus seulement d’administrer des équipements. Il s’agit désormais d’accélérer une transformation dont dépend la compétitivité globale de l’entreprise. Toujours selon l’étude WRI 2025 de HP, 74 % des salariés estiment que leurs outils ne répondent pas à leurs besoins. Un chiffre à mettre en perspective avec une autre réalité : 28 % d’entre eux seulement qualifient leur relation au travail de « bonne », un indicateur d’engagement qui devrait interpeller directement les directions générales.
HP n’est pas le seul à souligner cette tendance centrale. L’étude Transformation 2025 de NTT DATA Business Solutions, conduite auprès de 909 dirigeants et DSI dans le monde, montre que plus de 40 % des projets liés à l’IA plafonnent dès la phase de mise à l’échelle, faute d’alignement entre les choix technologiques et les usages réels.
L’IA change les exigences matérielles
Quand l’IA débarque dans le quotidien des équipes, les usages sont bouleversés et les critères de choix d’un PC professionnel performant doivent être totalement réévalués.
Les machines dépourvues d’unité de traitement neuronal (NPU) ne sont pas en mesure d’absorber correctement les charges liées à l’IA sans solliciter excessivement le processeur central. La conséquence ? L’expérience utilisateur est dégradée et l’autonomie considérablement mise à mal. Et il y a urgence à faire évoluer les parcs car les collaborateurs n’ont pas attendu pour s’approprier l’IA ! Selon une étude Canalys publiée au début 2025, 17 % seulement des PC expédiés dans le monde étaient alors IA-compatible.
Cette transition s’accélère, la part devant atteindre 60 % en 2027. Mais il ne faut pas s’y tromper. À ce jour, l’immense majorité des parcs d’entreprise reste inadaptée aux nouveaux usages.
Modernisation du parc ? Une question de méthode
Face à cette urgence, la précipitation serait une erreur aussi préjudiciable que l’attentisme. Le chemin du succès s’articule en trois étapes clés. La première est l’audit qui permet d’évaluer l’obsolescence du parc, la compatibilité Windows 11, et de réaliser une cartographie détaillée des usages IA réels.
La segmentation qui découle de cette première étape permet d’identifier les « power users » (data scientists, créatifs, commerciaux à forte intensité analytique) et de repérer des profils standards, pour lesquels une machine AI-Ready d’entrée de gamme suffit.
La troisième étape, souvent négligée, consiste en une approche ROIste. Sans un chiffrage crédible, comprenant délais de montée en charge, gains de productivité et économies sur les licences cloud, difficile de disposer des budgets nécessaires à une transition IA maîtrisée, structurée des organisations.
L’impact sur l’engagement : le bénéfice oublié ?
C’est peut-être l’argument le moins fréquent dans une réflexion sur le renouvellement d’un parc informatique, mais l’impact sur l’engagement des collaborateurs est clairement le plus décisif dans les comités de direction. Selon le Work Relationship Index 2025 de HP, les salariés équipés d’outils IA métier sont deux fois plus susceptibles d’entretenir une bonne relation au travail que leurs collègues non équipés. Et cela n’a rien de subjectif ! Selon l’étude McKinsey intitulée Superagency in the workplace: Empowering people to unlock AI’s full potential, ceux qui automatisent une partie de leurs tâches gagnent en moyenne 3 h 47 par semaine, un temps libéré au profit d’activités à plus haute valeur ajoutée.
Chez les jeunes générations, l’équipement technologique est même devenu un critère d’attractivité RH : selon le Work Relationship Index 2025, 85 % des représentants de la Gen Z en France se déclarent prêts à renoncer à une partie de leur rémunération pour accéder à plus de flexibilité, et la qualité des outils mis à disposition en est une composante directe.
Ainsi, les organisations qui diffèrent le renouvellement de leur parc pour des raisons de coût sous-estiment le coût d’une IA sous-exploitée : productivité en berne, désengagement, turnover. Ce que révèlent ces chiffres, c’est le décalage entre les attentes des collaborateurs et la réalité de leurs outils. Le parc informatique en est le symptôme le plus visible, et le plus rapide à traiter.
* Travailleurs qui mobilisent principalement leurs facultés cognitives, relationnelles, communicatives, en collaboration avec d’autres travailleurs et/ou des machines dans le cadre de leur activité.
Source:
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