La mère et la sœur de Salah Abdeslam, placées samedi en garde à vue sur décision d’un juge antiterroriste, en sont ressorties libres ce lundi, ont annoncé les avocats de la famille. Les deux femmes n’ont pas été présentées à un juge d’instruction en vue d’une mise en examen, a précisé Me Martin Vettes, l’un des avocats de Salah Abdeslam, qui défend également sa sœur, et dénoncé « un coup tordu » pour justifier le maintien d’un hygiaphone pendant ses parloirs.
Sollicitée, une source judiciaire avait confirmé en matinée le placement en garde à vue de proches de Salah Abdeslam, qui purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015, mais n’avait pas donné d’information sur l’issue de cette mesure.
Selon une source syndicale pénitentiaire, la police avait procédé aux interpellations samedi sur le parking de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) avant qu’elles y entrent pour un parloir.
« Instrumentalisation d’une procédure pénale »
En novembre 2025, Salah Abdeslam avait été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur la détention d’une clé USB chargée, selon le parquet national antiterroriste (Pnat), de documents ayant « trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda ».
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Le Pnat avait requis sa « mise en examen ultérieure ». Cette clé USB lui avait été remise lors d’une visite au parloir par son ex-compagne, Maëva B., qui a été doublement mise en examen et incarcérée. Elle est aussi soupçonnée d’être impliquée dans un projet d’attentat déjoué, sans lien avec Abdeslam.
Après ces faits, le directeur du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil avait instauré un dispositif de séparation avec hygiaphone, estimant notamment qu’il n’était pas exclu que la clé ait été introduite par le biais de visiteurs. Début avril, le tribunal administratif de Lille avait ordonné d’assouplir à nouveau ses conditions de parloir tout en refusant de suspendre son maintien à l’isolement.
Pour les avocats de la famille, « ces gardes à vue n’avaient d’autre objectif que de permettre à l’administration pénitentiaire de justifier le maintien du dispositif de séparation contesté en justice, comme cela a d’ailleurs été notifié ce matin à M. Abdeslam », ont-ils écrit dans un communiqué.
« Nous déplorons cette instrumentalisation d’une procédure pénale et ces mesures privatives de liberté à des fins purement administratives », soulignent Me Olivia Ronen, Me Benoît David, Me Martin Vettes, Me Delphine Paci et Me Harold Sax.
Source:
www.leparisien.fr


