Une affaire d’une « gravité extrême » ayant porté atteinte de façon « irrémédiable » à l’ordre public et aux intérêts fondamentaux de la nation, un « système organisé, opaque et illégal » de financement du terrorisme pour un montant « jamais atteint » de 5,6 millions d’euros, des décisions managériales « cyniques », des prévenus qui se « défaussent » de leurs responsabilités au moyen de dénégations « absurdes » et d’arguments « fallacieux » confinant pour certains à la « lâcheté »…
Les mots prononcés, lundi 13 avril, par la juge Isabelle Prévost-Desprez lors du délibéré du procès de Lafarge et de huit de ses anciens responsables et salariés jugés pour avoir versé de l’argent à différents groupes terroristes en Syrie entre 2013 et 2014, afin de maintenir l’activité d’une cimenterie dans le pays, ont cruellement résonné, pendant près de quatre heures qu’a duré la lecture de ce jugement, dans l’enceinte de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
La présidente a même noirci encore davantage cette peinture accablante en établissant un lien direct entre ce « partenariat commercial » passé par le cimentier avec des groupes terroristes, au premier rang desquels l’organisation Etat islamique (EI), et les attentats perpétrés par ces derniers : « Comme le disait une partie civile, victime des attentats du 13 novembre 2015, les chiffres et les décisions financières prises par les coupables dans le présent dossier se sont transformés en kalachnikovs, en explosifs, qui ont tué, mutilé, blessé et dévasté des vies en Syrie et en France. »
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Source:
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