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France: 500 manifestants à Paris pour l'abolition de la prostitution, dix ans après la loi de 2016

Près de 500 personnes ont manifesté dimanche à Paris pour l’abolition totale de la prostitution en France et dans le monde, dix ans après l’adoption d’une loi-cadre visant à lutter contre ce phénomène dans l’Hexagone. 

Publié le : 12/04/2026 – 18:37


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Lors d’une petite cérémonie devant le Panthéon, les organisateurs ont fait témoigner des femmes sorties de la prostitution, originaires de 14 pays, se présentant comme des « survivantes », venues à Paris pour vanter la loi française et réclamer sa généralisation dans le monde.

« La réalité de la prostitution, ce n’est aucunement le libre choix des femmes, c’est le résultat de la pauvreté, de l’isolement et de la discrimination sociale », a témoigné au micro l’une d’elles, coréenne.

Avec la loi de 2016, qui pénalise les clients, « la France est devenue le fer de lance de l’abolition de la prostitution », a expliqué Céline Thiebault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne et présidente du groupe d’étude sur la prostitution à l’Assemblée.

« Mais le volet prévention reste très peu développé », alors même que la prostitution de mineures se développe, a-t-elle ajouté. Les recruteurs utilisent notamment les réseaux sociaux pour recruter des adolescentes, expliquant que la prostitution « est un travail comme un autre » ou qu’elles « ont la liberté de leur corps », a-t-elle regretté.

Dans le cortège, à l’appel de 80 organismes, dont le Mouvement du Nid, la fondation Scelles et le Collectif national pour les droits des femmes, les manifestants arboraient de multiples pancartes comme « la prostitution est violence », « client homme normal comme Pelicot » ou « la prostitution n’est pas un job étudiant, c’est une violence ».

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La loi du 13 avril 2016 a abrogé le délit de racolage et l’a remplacé par la pénalisation des clients, passibles d’une amende de 1 500 euros, pouvant aller jusqu’à 3 750 euros en cas de récidive. Elle avait également aménagé un parcours de sortie de la prostitution pour les 40 000 personnes – dont une écrasante majorité de femmes – concernées en France, selon les estimations officielles.

Autant d’avancées réelles, se félicite Claire Quidet, porte-parole du Mouvement du Nid, qui agit en soutien des personnes prostituées. Elle déplore toutefois, comme les autres associations participantes, que la loi soit encore incomplètement et inégalement appliquée sur l’ensemble du territoire. 

Les personnes vont pouvoir être accompagnées pendant deux ans pour trouver des alternatives, donc un emploi, travailler sur des formations, se reconstruire aussi sur le plan de leur santé physique, psychique. C’est un dispositif qui est particulièrement intéressant pour les personnes étrangères, puisque ça leur donne une autorisation provisoire de séjour qui leur permet de travailler. Et à l’issue des deux ans de parcours, si elles ont un emploi, ce qui est souvent le cas, elles peuvent avoir un titre de séjour plus pérenne. Il faut savoir aujourd’hui qu’en France, l’énorme majorité des personnes en situation de prostitution sont des personnes étrangères et pour beaucoup victimes de la traite. Ça fonctionne très bien. Après, dans l’application concrète, nous, ce que l’on déplore, c’est que, au terme des dix ans de la loi, on doit être à peu près sur l’ensemble du territoire français autour de 2 000 parcours de sortie de prostitution, ce qui est très bien, mais ce qui est beaucoup trop peu. Et nous, on appelle vraiment l’ensemble des préfectures à être beaucoup plus ouvertes aux parcours de sortie puisque malheureusement ça se heurte aussi aux politiques migratoires. Il y a des frilosités à délivrer, des autorisations de séjour pour des femmes qui ont été victimes de violences et pour qui c’est le seul critère qui devrait compter.

Mouvement du Nid : de réelles avancées mais une application inégale

Laura Martel

Claire Quidet déplore aussi un nombre de sanctions trop faible et inégalement réparti, puisque quelques 11 000 achats d’actes sexuels ont été sanctionnés, soit seulement 2-3 par jour, dont 60 % en région parisienne, pointe-t-elle.

En parallèle, le Strass, le syndicat du travail sexuel, organisait dimanche après-midi des « réflexions et débats » à Paris pour « travailler à une offre politique alternative ». Il dénonce à l’inverse « le bilan catastrophique » de la loi de 2016, notamment « en termes de précarisation » et « d’insécurité » pour les travailleuses et travailleurs du sexe. Ce syndicat ainsi que d’autres associations réglementaristes prônent un encadrement de la prostitution, plutôt que son interdiction.

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Source:

www.rfi.fr

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