Publié le 10/04/2026 22:38
Mis à jour le 10/04/2026 23:07
Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min
En Hongrie, Péter Magyar, principal opposant à Viktor Orbán, est ciblé par une campagne de désinformation massive : vidéos truquées, accusations privées et pression politique. Dans un climat électoral tendu, l’IA devient une arme de propagande tandis que le pouvoir en place est accusé de manipuler les règles du jeu.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Il est devenu l’homme à abattre. Péter Magyar, conservateur, pro-européen, possible successeur de Viktor Orbán. Tous les moyens sont bons pour le discréditer. Le voici, plus vrai que nature, dans une fausse vidéo en train d’annoncer une mauvaise nouvelle : « Je vais créer un impôt de 10 ou 20 % sur les pensions de retraite », l’entend-on promettre. Ces vidéos, créées avec l’intelligence artificielle, sont relayées par les comptes pro-Orbán. D’autres présentent l’adversaire comme voulant augmenter les impôts de 33 %.
Dans la rue, les Hongrois réagissent diversement : « Même s’il n’a pas vraiment dit ça, c’est ce que pense Péter Magyar », estime un riverain. « Ce n’est pas éthique, il ne faut pas faire ça. Nulle part, surtout pas en politique », déplore un autre.
Sa vie privée est aussi attaquée. L’ex-femme du candidat, Judit Varga, témoigne dans une émission animée par un proche de Viktor Orbán sur de supposées violences conjugales. « Un jour, quand j’étais enceinte, il m’a jetée contre une porte », raconte-t-elle. Aussitôt, de fausses vidéos mettent en scène ce récit. Le vrai Péter Magyar se défend à chaque fois : « S’ils peuvent fouiller dans ma vie privée, ils peuvent faire de même dans la vie privée de n’importe qui », avertit l’homme politique.
Tous les coups sont permis. Arthur, informaticien, a reçu, comme tous les Hongrois, une pétition officielle financée par l’État signée Viktor Orbán, demandant aux citoyens de dire s’ils acceptent les augmentations d’impôts que l’adversaire aurait en préparation : « Le but est juste de faire peur. Si on ne vote pas pour eux, les impôts vont augmenter », assure Artur Dangel, habitant de Budapest (Hongrie).
Le Premier ministre nationaliste, présent sur toutes les affiches, multiplie les cadeaux électoraux. Imre Fejes, comme tous les retraités du pays, a reçu en février deux mois de pension de retraite supplémentaires : « C’est grâce à Viktor Orbán et son gouvernement, je vais voter pour eux », confie-t-il.
Mais malgré ses efforts, les sondages donnent Viktor Orbán largement perdant. Dans ses propres meetings, pour la première fois en 16 ans de pouvoir, des opposants osent le conspuer : « Traître à la nation ! Traître à la nation ! » En désespoir de cause ce matin, il crie au complot : « Nos adversaires ne reculeront devant rien pour s’emparer du pouvoir. Ils conspirent avec les services de renseignement étrangers », avance-t-il.
Pour se maintenir au pouvoir, Viktor Orbán a mis en place un système électoral qui avantage clairement son camp. Si bien que son adversaire, Péter Magyar, devra, s’il veut l’emporter, obtenir plus de 55 % des voix.
Source:
www.franceinfo.fr


