L’évasion du détenu Ilyas Kherbouch, dit « Ganito », avait été célébrée comme un coup de maître. Le samedi 7 mars, en milieu d’après-midi, c’est sans aucune violence, par l’entremise de trois faux policiers venus le récupérer à l’accueil de la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis), que ce commanditaire de home-jackings violents se faisait la belle, avant d’être arrêté dans le sud de la France au terme de treize jours de cavale. Présenté comme « inédit » et « spectaculaire », le mode opératoire de l’évasion apparaît pourtant comme un concentré d’amateurisme, à la lecture des déclarations de ses trois complices présumés, livrant les dessous de l’affaire.
« C’était du travail de CP, ces cartes [de police] », confie la fausse policière aux (vrais) policiers du 3e district de la police judiciaire de Paris, lors de sa garde à vue, le 23 mars. « Du collage », confirme un second membre du commando, encore mineur. Pour s’extraire de Villepinte, « Ganito » s’est appuyé sur une équipe de trois jeunes aux profils très éloignés de la grande criminalité : un lycéen parisien de 17 ans, un père de famille sans emploi de 28 ans, domicilié à Toulon, et une Mosellane de 24 ans, sans ressources, ex-escort girl rêvant de devenir esthéticienne. Deux d’entre eux ont raconté avoir été recrutés et missionnés par le biais de Snapchat et de Signal. Le troisième a gardé le silence.
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Source:
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