Défaits par les Parisiens en huitièmes de finale de la Ligue des champions l’an passé, les joueurs de la Mersey traversent une année laborieuse et s’avancent sans aucune garantie au Parc des Princes, mercredi.
Ils s’étaient quittés sur un thriller à Anfield Road, l’an passé, en huitièmes de finale. Défaits à l’aller au Parc des Princes (1-0), les Parisiens avaient arraché la qualification à Liverpool, au bout d’une haletante séance de tirs au but (1-0, 4-1 t.a.b), lançant leur course folle jusqu’à leur premier sacre en Ligue des champions.
Treize mois plus tard, le PSG et Liverpool se retrouvent, cette fois en quarts de finale, après avoir respectivement écarté Chelsea (8-2 en cumulé) et Galatasaray (4-1). Si le club de la capitale semble avoir lancé son sprint final depuis un mois, on ne peut pas en dire autant de celui de la Mersey, qui a néanmoins fini la phase de poule en troisième position, avec deux défaites pour six victoires (quatre victoires et deux nuls pour le PSG dans le même temps).
Une déculottée face à City samedi
Difficile de faire pire préparation d’un rendez-vous européen. Pour leur dernier match avant de rejoindre Paris, les Reds ont été humiliés en quarts de finale de la Coupe d’Angleterre, samedi, sur le terrain de leur rival des dernières années, Manchester City (4-0).9+
Avec la plupart de leur titulaires, les Reds ont pris l’eau et quitté l’Etihad Stadium la tête basse, sonnés par un triplé d’Erling Haaland. « C’est très décevant non seulement d’être éliminés, mais aussi la manière, le score… Une nouvelle grosse déception pour nous », a réagi le manager Arne Slot, sur TNT Sports. Avec une seule victoire (le match retour face à Galatasaray) sur leurs cinq derniers matchs (trois défaites, un nul), les joueurs de la Mersey ont de quoi s’inquiéter face à la puissance offensive du PSG.
Des cadres en difficulté
Au milieu de cette zone de turbulences, les cadres sont logiquement pointés du doigt. Mohamed Salah, qui a annoncé son départ du club à la fin de la saison, a manqué un pénalty face à City et quasiment tout raté dans le jeu. A 33 ans, celui qui est devenu une légende chez les « Scousers » est en passe de rater sa sortie après avoir tant apporté.
Virgil van Dijk, taulier d’une défense exceptionnelle pendant presque une décennie, est beaucoup moins souverain cette saison, tout comme Ibrahima Konaté, meurtri par le décès en juillet de celui qui habitait la maison mitoyenne à la sienne, son coéquipier Diogo Jota, puis de son père, fin janvier.
Le dernier cadre de la génération dorée, le gardien Alisson Becker, blessé au retour face à la Galatasaray et héros du match aller face au PSG l’an passé, sera absent pour ces quarts de finale. Le bilan des Reds avec son remplaçant, le Géorgien Giorgi Mamardashvili : cinq victoires et huit défaites cette saison.
Au-delà des performances individuelles, c’est l’état d’esprit, le manque de révolte et de cohésion qui interrogent. Comme si la machine à gagner de l’an passé s’était volatilisée en l’espace d’un an. « J’ai eu la chance de jouer pour Liverpool pendant tant d’années et le plus important a toujours été l’esprit d’équipe. C’est mentalement très difficile en ce moment », a reconnu le capitaine van Dijk après la défaite face à City. « On a manqué de combativité, de volonté de gagner les duels, de gêner l’adversaire pour une passe, un centre ou une frappe. C’est un point que nous devons absolument améliorer mercredi », a admis Arne Slot, en évoquant les 20 minutes où les Reds ont sombré.
Arne Slot, bientôt la fin ?
Au cœur de cette crise, le manager n’aura jamais eu de répit. Auteur d’une formidable première saison l’an passé, ponctuée par un titre de champion, le technicien néerlandais est déjà proche de la sortie. Samedi, des supporters de Liverpool ont quitté le stade avant la fin, tandis que des chants moqueurs venus des rangs mancuniens lui ont promis un licenciement prochain.
L’ancien technicien de Feyenoord n’aura jamais trouvé la bonne formule cette saison, avec 10 défaites en 31 matchs de championnat, et 42 buts encaissés. Les recrues comme Florian Wirtz ou Milos Kerkez n’ont donné satisfaction que par intermittence, alors que Jeremie Frimpong a été beaucoup blessé tout comme la recrue phare, Alexander Isak, qui n’a joué que 16 matchs et retrouvera tout juste le groupe mercredi, une première depuis sa blessure.
Conséquence : à sept journées de la fin, Liverpool est à cinq points des places qualificatives pour la Ligue des champions l’an prochain. Et l’ombre de Xabi Alonso rôde déjà dans les couloirs d’Anfield Road, accentuant encore la pression sur Arne Slot.
Ekitike et Szoboszlai, les deux rayons de soleil de la saison
Reste que Liverpool reste Liverpool. Toujours très séduisant par séquences, le club de la Mersey avait battu l’Inter et le Real Madrid en phase de groupes (1-0), avant de renverser Galatasaray avec la manière en huitièmes (4-0) après une piteuse défaite à l’aller, en Turquie (1-0). Deux joueurs parviennent à surnager dans le marasme ambiant : Dominik Szoboszlai et Hugo Ekitike.
Le Hongrois de 25 ans a sauvé les Reds de nombreuses fois. Capable de jouer arrière latéral, milieu central ou n°10, il excelle partout et est l’homme de base cette saison. Avec 12 buts en huit passes au total, tout passe par lui. Mais lui aussi tire la sonnette d’alarme. « Si on continue à jouer comme ça, on risque de vite oublier notre participation à la Ligue des champions, et même celle de l’année prochaine. Il faut se remettre en question et réfléchir à comment transformer cette saison catastrophique en une saison mémorable », a alerté le Hongrois samedi.
Un peu plus haut sur le terrain, Hugo Ekitike a su trouver sa place. Sans Alexander Isak et avec un Mohamed Salah méconnaissable, le Français, arrivé l’été dernier, a réussi à tirer son épingle du jeu alors qu’on lui promettait le banc. Avec 17 buts en 43 matchs, il s’inscrit déjà pour le nouveau cycle qui s’apprête à débuter à l’intersaison sur les bords de la Mersey.
Source:
www.franceinfo.fr


