La philosophe Chantal Delsol met en cause les effets contemporains de l’école sur les élèves de lycée, estimant que la promotion d’une égalité formelle a parfois conduit à un affaiblissement des acquis fondamentaux. Dans une tribune récente, elle oppose la formation donnée aux générations précédentes à celle que reçoivent aujourd’hui certains jeunes, et dénonce ce qu’elle qualifie de mensonge égalitaire qui, selon elle, couronne l’ignorance dès l’école primaire. Ce constat est présenté comme l’un des facteurs expliquant la fragilité de certains mouvements lycéens contemporains.
Pour Chantal Delsol, les lycéens de Mai 68 pouvaient être attirés par des doctrines radicales, mais bénéficiaient d’une culture scolaire suffisant à soutenir leur engagement. En revanche, l’auteure attribue la vulnérabilité des jeunes actuels à des choix pédagogiques et à des réformes qui auraient nivelé les exigences. Elle place au cœur de son analyse le rôle de la école républicaine et insiste sur la perte, selon elle, des repères culturels et linguistiques transmis autrefois par l’institution.
Le raisonnement soulève des questions plus larges dans le débat public : quelles compétences fondamentales l’école doit-elle garantir et comment concilier égalité et exigence ? Les critiques pointent les conséquences sociales d’un enseignement perçu comme moins exigeant : désaffection, incompréhension politique et difficultés à saisir des référents culturels partagés. Ces enjeux alimentent les discussions sur la formation des enseignants, les programmes et les priorités éducatives au sein des collectivités et des instances nationales.
Quelles que soient les positions sur le diagnostic, l’intervention de Chantal Delsol relance la réflexion sur la place de l’instruction dans la cohésion sociale et sur l’équilibre à trouver entre justice scolaire et transmission des savoirs. Le débat sur l’avenir de l’éducation en France demeure central pour comprendre les tensions actuelles et envisager des réponses qui assurent à la fois inclusion et maîtrise des compétences de base.


