Première biennale pan‑africaine d’architecture, tenue récemment au Kenya, a réuni professionnels, universitaires et acteurs locaux autour d’une question centrale : comment concevoir des villes capables d’absorber une croissance démographique rapide, de répondre aux défis du changement climatique et de dépasser des héritages urbains issus de la période coloniale ? L’événement a servi de plateforme pour confronter diagnostics et pistes d’action, sans se limiter à des démonstrations esthétiques.
Les débats ont mis en avant la nécessité d’une approche intégrée de l’urbanisme : renforcement des services de base, résilience des infrastructures et adaptation des logements aux extrêmes climatiques. Plusieurs interventions ont souligné l’importance de valoriser les savoirs locaux et les matériaux régionaux pour réduire les coûts et l’empreinte carbone des projets. Le rôle des quartiers informels a été abordé non comme un obstacle mais comme un vecteur d’innovation urbaine à intégrer dans les plans officiels.
Au cœur des échanges, la dimension panafricaine de la biennale a favorisé la mise en réseau et l’échange d’expériences entre pays. Cette dynamique transfrontalière vise à diffuser des solutions adaptées aux contextes locaux tout en construisant des référentiels communs en matière d’architecture et de gouvernance urbaine. La formation d’acteurs locaux — urbanistes, techniciens municipaux, leaders communautaires — est apparue comme un levier essentiel pour traduire les réflexions en politiques opérationnelles.
Si les conclusions restent à transformer en initiatives concrètes, la manifestation marque une étape symbolique pour penser la Afrique urbaine autrement : moins d’importation de modèles extérieurs, plus d’alliances entre acteurs et une priorité donnée à la résilience et à l’inclusion. Le défi consiste désormais à inscrire ces orientations dans les programmes de développement urbain et à suivre leur mise en œuvre pour mesurer leurs effets sur la vie quotidienne des citadins.


