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Les épaves de Franklin: nouvelles preuves pour comprendre la disparition de l’expédition de 1845

En 1845, deux navires appareillent de Grande-Bretagne pour tenter le passage du Nord-Ouest : les navires à vapeur et voile du commandement de Sir John Franklin, le HMS Erebus et le HMS Terror, embarquant 129 hommes. Aucun membre de l’expédition n’est revenu. Les recherches menées au fil des décennies ont documenté débris, campements et restes humains qui témoignent de l’échec complet de l’entreprise et de mouvements d’hommes partis à pied depuis les navires immobilisés par la banquise.

Les deux épaves ont été localisées par des missions archéologiques récentes : le HMS Erebus en 2014 dans les eaux au sud de l’île King William et le HMS Terror en 2016 dans la baie qui porte désormais son nom. Ces découvertes, conduites et supervisées par Parks Canada avec des équipes internationales, ont utilisé imagerie bathymétrique, véhicules télécommandés et plongées méthodiques. Les coques sont remarquablement préservées par les eaux froides, ce qui a permis la récupération et la documentation d’artefacts en place.

Les objets retrouvés — instruments de navigation, effets personnels, pièces d’équipement — complètent les témoignages matériels déjà mis au jour sur les rivages et les camps. Les récits et indications fournis par les populations Inuit ont joué un rôle central dans l’identification des sites et dans l’interprétation des déplacements des survivants potentiels. Analyses médico-légales, études isotopiques et examens ostéologiques antérieurs et en cours ont mis en évidence des facteurs multiples : dénutrition, maladies infectieuses, carences, et des traces de trauma sur des ossements qui ont alimenté des hypothèses variées, y compris des actes de survie extrême. Les études récentes restent prudentes et privilégient l’interprétation fondée sur l’ensemble des données matérielles et contextuelles.

Sur le plan scientifique et patrimonial, ces épaves apportent des informations sur la construction navale victorienne adaptée à l’Arctique, sur les conditions environnementales de l’époque et sur les processus de conservation sous-marins. Les travaux se poursuivent en collaboration avec les autorités territoriales et les communautés Inuit du Nunavut afin d’assurer la recherche, l’interprétation et la gestion des vestiges selon des protocoles archéologiques et des ententes locales. Les nouvelles données contribuent à reconstituer, pas à pas, les derniers mois de l’expédition Franklin et à replacer cet épisode dans l’histoire des explorations polaires.

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