Le Quai d’Orsay a notamment accusé cette intervenante régulière des médias appartenant à Vincent Bolloré de reprendre « mot pour mot les narratifs de propagande russe ».
Publié le 29/07/2026 13:55
Mis à jour le 29/07/2026 15:08
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Xenia Fedorova s’est vu remettre un arrêté d’expulsion mercredi 29 juillet, a annoncé le ministère de l’Intérieur à l’AFP, confirmant une information de Libération. Elle va « immédiatement former un recours » contre son arrêté d’expulsion, a annoncé son avocat à l’AFP. « Xenia Fedorova est une journaliste. Cette décision est une atteinte grave à la liberté d’expression d’une journaliste qui a toujours exercé son activité de manière la plus convenable qu’il soit », a-t-il affirmé.
Cette ancienne dirigeante de la chaîne d’Etat russe RT France est une intervenante régulière des médias de Vincent Bolloré depuis début 2025. Elle est notamment une habituée de la chaîne CNews, où elle commente régulièrement l’actualité internationale. Le cas de Xenia Fedorova, accusée d’être la voix du Kremlin dans des médias français, a plusieurs fois été évoqué au plus haut niveau de l’Etat, lors des débats sur les ingérences étrangères.
Elle avait été qualifiée de « propagandiste patentée qui sert de relais à la désinformation du Kremlin » par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, fin mai, sur France Inter. Mi-mai, la patronne des eurodéputés Renew, Valérie Hayer, avait saisi l’Arcom, après des déclarations « propagandistes » prorusses tenues par Xenia Fedorova sur CNews et Europe 1. Elle lui demandait « d’examiner si ces interventions répétées sont compatibles avec les obligations d’honnêteté », « d’évaluer les conditions éditoriales dans lesquelles ces propos sont diffusés » et, le cas échéant, « d’engager les procédures prévues par la loi ».
Début juin, Emmanuel Macron avait notamment déclaré que Xenia Fedorova était déjà au service de la « propagande d’Etat » russe en 2017 et que « les choses n’avaient pas changé » depuis. « S’il faut interdire tous ceux qui font de la propagande avec des idées avec lesquelles on n’est pas d’accord, on va interdire beaucoup de monde », avait commenté le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le mois dernier, lors d’une conférence de presse consacrée aux ingérences étrangères sur les élections. Il avait toutefois évoqué une « ligne rouge » à la prolongation du titre de séjour de cette chroniqueuse qualifiée de « propagandiste », qui était de ne pas « porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».
Début juin, le journal Le Monde avait révélé que Xenia Fedorova avait vu son titre de séjour renouvelé en France en 2024, ce qui avait suscité de nombreuses réactions. L’octroi d’un titre de séjour à un étranger ne l’empêche pas d’être poursuivi « dès lors qu’il y a des troubles à l’ordre public », avait toutefois prévenu Laurent Nuñez, sur France Inter.
Source:
www.franceinfo.fr

