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"Je me suis vu mourir" : après avoir frôlé la mort dans un incendie il y a 20 ans, ce pompier poursuit sa carrière

Parmi les pompiers engagés en Gironde, l’un d’eux sait mieux que quiconque ce que les flammes peuvent coûter. En 2004, Frédéric Maggiani a failli mourir dans un incendie de forêt. Il a été brûlé sur 37 % du corps et amputé de plusieurs doigts, mais il a pourtant repris son métier. Il témoigne auprès des équipes de France Télévisions.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Parmi les pompiers sur le front en Gironde, il y en a pour qui prendre le dessus sur le feu est bien plus qu’un engagement. Il y a 20 ans, Frédéric Maggiani a été gravement brûlé. Ce soir d’été 2004, il lutte contre un virulent feu de forêt. Le vallon s’enflamme soudainement. « Quand on est brûlé comme ça d’un coup, on est pris dans une bulle de gaz enflammé. On est saisi par une douleur qui est plus qu’intense, qui est inimaginable. On se dit immédiatement, c’est la fin, je vais mourir. Mes enfants m’ont donné la force de me relever et de poursuivre mon chemin », raconte le lieutenant-colonel Frédéric Maggiani, officier sapeur-pompier au SDIS 13.

Il traverse les flammes et parvient à rejoindre le camion de ses collègues. Frédéric Maggiani passe plusieurs semaines dans le coma. À son réveil, il subit des greffes à répétition sur les jambes, les mains, le visage, des dizaines d’opérations. Il entame le deuil difficile de son corps d’avant, celui d’un jeune homme de 31 ans. De retour en famille, il cherche à tout prix à préserver ses deux garçons. « On essaie de les protéger. Je ne les amène pas à l’école ou très peu. Quand je les accompagne à l’école, je ne vais pas les chercher au portail. On a peur des réactions des autres », expliquait-il en 2007.

Moins de 4 ans après l’accident, il exprime le besoin de retrouver la caserne. Depuis, ses convictions n’ont jamais vacillé. « Je n’ai jamais perdu cette flamme qui m’anime et qui me donne envie de secourir. Quand on a ça dans son cœur et quand on a ça dans ses tripes, on continue », partage-t-il.

Depuis le début de la semaine, il est mobilisé sur les feux de Gironde, venu des Bouches-du-Rhône en renfort sans hésiter. Mercredi 29 juillet encore, près de la commune du Temple, il fait face aux reprises des flammes. « Le feu va très vite. Il faut simplement essayer d’être plus rapide que lui et on va y arriver », lance Frédéric Maggiani.

Ils luttent sans jamais laisser le souvenir de l’accident tout emporter. « Je n’ai pas plus peur aujourd’hui qu’avant l’accident. Aujourd’hui, j’ai vécu, j’ai un peu plus d’expérience, j’ai aussi vieilli. Je pense avoir pris un peu plus de sagesse », affirme-t-il. Pour son dévouement, le lieutenant-colonel Frédéric Maggiani s’est vu décerner la Légion d’honneur.


Source:

www.franceinfo.fr

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