Le groupe américano-international KATSEYE dévoile « Animal », deuxième extrait de son troisième EP Wild, attendu le 14 août. Un titre pop co-écrit par Ed Sheeran, dont le clip réserve un caméo à l’actrice Demi Moore.
KATSEYE tient la cadence. Le 24 juillet, le sextet formé aux États-Unis a mis en ligne « Animal », un nouveau single accompagné d’un clip. Le morceau constitue le deuxième extrait de Wild, troisième EP du groupe programmé pour le 14 août sur les labels HYBE et Geffen. Après « Pinky Up », paru en avril, « Animal » resserre le compte à rebours vers un disque que la formation présente comme un nouveau jalon de sa jeune carrière.
Pochette du single « Animal » © HYBE / Geffen
Sur le plan sonore, « Animal » avance sur un tempo soutenu, porté par des rythmiques marquées et des textures électroniques. Le texte joue sur le contraste entre la retenue affichée en public et l’instinct qui affleure dans l’intimité, une tension que le groupe met en scène aussi bien dans son écriture que dans sa chorégraphie. La production s’inscrit dans la veine pop assumée qui a fait la réputation de KATSEYE depuis ses débuts, tout en cherchant une couleur plus charnelle que les précédents singles.
« Animal », un single co-écrit par Ed Sheeran
La principale surprise du morceau se niche dans son générique de crédits. « Animal » a été co-écrit par Ed Sheeran, épaulé par Johnny McDaid, membre de Snow Patrol et complice de longue date du chanteur britannique, ainsi que par le producteur Blake Slatkin et l’auteur-compositeur Omer Fedi. Un quatuor d’auteurs à la feuille de route impressionnante : Slatkin et Fedi ont notamment participé à « Unholy » de Sam Smith et Kim Petras, tandis que McDaid a cosigné plusieurs succès d’Ed Sheeran et « Permission to Dance » de BTS.
Pour KATSEYE, s’attacher les services d’Ed Sheeran envoie un signal clair. Le groupe, qui revendique une pop grand public assumée, continue de s’entourer de plumes établies, après avoir déjà collaboré avec Charli XCX sur le single « Gabriela » en 2025. La démarche confirme la volonté de ses maisons de disques d’installer durablement la formation dans le paysage pop international, au-delà de son ancrage initial dans l’univers des méthodes d’entraînement à la coréenne.
« Animal » succède ainsi à une série de titres aux esthétiques contrastées — « Gnarly », « Internet Girl », « Pinky Up » — et marque, selon plusieurs observateurs, un retour à un registre plus vocal et mélodique. Une orientation que réclamait une partie du public, qui espérait entendre davantage les voix des six membres après des productions parfois taxées d’être trop centrées sur l’effet et la formule.
Un clip signé Cody Critcheloe, avec Demi Moore en caméo
Le vidéoclip d’« Animal » a été confié à Cody Critcheloe, réalisateur déjà aux commandes des clips « Touch » et « Gnarly » de KATSEYE, ainsi que du « Killin’ It Girl » de j-hope, membre de BTS. Fidèle à sa patte, il déploie une esthétique sombre et tendue : couloirs, bureaux et espaces baignés d’une lumière rouge, dans lesquels les six chanteuses alternent entre poses maîtrisées et gestuelle plus animale, ponctuée de mouvements évoquant des griffes.
La séquence ménage un effet de surprise : l’actrice Demi Moore, oscarisable pour son rôle dans The Substance, y fait une apparition en fin de clip. Un caméo qui prolonge la tradition de KATSEYE, coutumier des invitations de personnalités du grand écran — Jessica Alba était apparue dans le clip de « Gabriela », mis en scène comme un télénovela. La vidéo joue par ailleurs sur le brouillage des codes, les membres alternant présentations plus masculines et plus féminines au fil des plans.
Cette attention portée à l’image n’a rien d’anecdotique pour KATSEYE, dont l’identité visuelle a été pensée dès l’origine comme un pilier du projet. Le groupe cultive un soin particulier pour ses clips, ses tenues et sa direction artistique, au point d’être régulièrement cité parmi les formations les plus suivies pour leur influence esthétique.
De « Dream Academy » à la scène mondiale
Pour saisir l’ampleur du phénomène, il faut remonter à la genèse du groupe. KATSEYE est né de Dream Academy, une émission de téléréalité née de la collaboration entre le géant sud-coréen HYBE, maison mère de BTS, et le label américain Geffen Records. Lancé après un appel à candidatures mondial ayant réuni plus de 120 000 postulantes, le programme a retenu une vingtaine de finalistes, formées pendant un an à Los Angeles selon les méthodes d’entraînement des idoles coréennes.
À l’issue de la compétition, diffusée à l’automne 2023, six jeunes femmes ont été retenues pour composer le groupe. Sophia Laforteza, cheffe de file originaire des Philippines, Daniela Avanzini, Lara Raj et Megan Skiendiel, toutes trois américaines, la Suissesse Manon Bannerman et la Sud-Coréenne Yoonchae Jeung, benjamine de la formation. Leur parcours a été documenté dans la série Netflix Popstar Academy: KATSEYE, diffusée en août 2024.
Le groupe s’est rapidement distingué par sa diversité, saluée comme une singularité dans le paysage de la pop : KATSEYE réunit des membres aux origines philippine, indienne, latino-américaine, suisse et sud-coréenne, ce qui en fait l’un des visages les plus internationaux de la scène actuelle. Ses maisons de disques ont fait de cette pluralité un argument identitaire fort, présentant la formation comme un pont entre la mécanique de la K-pop et l’écriture pop anglo-saxonne.
Dès ses premiers pas, KATSEYE a bénéficié d’une exposition considérable sur les réseaux sociaux, TikTok en tête, où ses chorégraphies et ses membres ont accumulé les vues. Cette assise numérique, doublée d’un marketing soigné, a permis au groupe de s’imposer bien au-delà du cercle des amateurs de K-pop, jusqu’à devenir une référence pour une génération d’auditeurs.
Une ascension éclair au sommet des charts
Sur le plan discographique, la progression de KATSEYE a été fulgurante. Le premier EP, SIS (Soft Is Strong), paru en août 2024, s’était classé à la 119e place du Billboard 200 et avait dominé le classement des artistes émergents. Le single « Touch », extrait de ce disque, s’était imposé comme un premier succès viral, propulsé par un défi chorégraphique sur TikTok, avant d’être récompensé du prix de la « Push Performance of the Year » aux MTV Video Music Awards 2025.
L’accélération s’est produite en 2025. En avril, « Gnarly » a offert au groupe sa première entrée au Billboard Hot 100, à la 82e place. Puis « Gabriela », co-écrit par Charli XCX et accompagné d’un clip en forme de télénovela avec Jessica Alba, a grimpé jusqu’à la 21e position du Hot 100, devenant le plus grand succès du groupe à ce jour. Ces titres ont nourri le deuxième EP, Beautiful Chaos.
Publié le 27 juin 2025, Beautiful Chaos a marqué un saut décisif : le disque a fait ses débuts à la quatrième place du Billboard 200, meilleur classement de la formation, porté par des ventes robustes aux États-Unis et en Corée du Sud. En l’espace d’un an, KATSEYE était ainsi passé du statut de groupe issu d’une émission de téléréalité à celui de valeur montante de la pop mondiale.
Ce parcours s’est accompagné d’une présence commerciale marquée. Le groupe a multiplié les partenariats avec de grandes marques de mode et de cosmétiques, et a été distingué par TikTok comme « artiste mondial de l’année », ses contenus dépassant les trente milliards de vues cumulées sur la plateforme. Autant de signaux d’une notoriété qui déborde largement le champ strictement musical.
Grammy et American Music Awards : une moisson de récompenses
La reconnaissance institutionnelle a suivi. Lors de la 68e cérémonie des Grammy Awards, en février 2026, KATSEYE a décroché deux nominations : dans la catégorie reine de la révélation de l’année (Best New Artist) et pour la meilleure prestation pop d’un duo ou groupe, avec « Gabriela ». Une double citation rare pour une formation aussi jeune.
Quelques mois plus tard, en mai 2026, le groupe a confirmé son statut lors des American Music Awards, où il est reparti avec trois trophées, dont celui de la révélation de l’année. À cela s’ajoutent d’autres distinctions glanées en 2025 et 2026, parmi lesquelles un prix aux GLAAD Media Awards, qui saluent la représentation des communautés LGBTQ+, et plusieurs récompenses au Japon.
Cette accumulation de trophées, en moins de deux ans d’existence, illustre la vitesse à laquelle KATSEYE s’est fait une place dans l’industrie. Elle explique aussi l’attente entourant Wild, appelé à confirmer que le groupe peut transformer l’engouement en carrière installée.
Wild, un troisième EP attendu le 14 août
Annoncé le 15 avril 2026, Wild réunira six titres, dont « Pinky Up », qui en ouvre la tracklist, et « Animal ». Le disque sera décliné en de multiples éditions physiques — pas moins de huit versions, dont des déclinaisons individuelles pour chaque membre —, une stratégie héritée des usages de l’industrie coréenne, où l’objet collector joue un rôle central dans la relation aux fans.
Côté écriture, l’EP mobilise une équipe d’auteurs et de producteurs fournie. Aux côtés d’Ed Sheeran et de ses coauteurs sur « Animal », on retrouve des noms comme Justin Tranter, David Wilson, Sorana ou encore les producteurs dwilly, « Hitman » Bang — cofondateur de HYBE — et FRANTS. Un assemblage qui témoigne de l’ambition d’un disque pensé pour toucher un large public tout en soignant sa signature sonore.
Avec deux extraits déjà disponibles, KATSEYE a choisi d’installer progressivement l’univers de Wild, dont le titre — « sauvage » — résume le fil conducteur : l’exploration d’une part plus libre, plus instinctive, après des débuts placés sous le signe de la sororité et de l’affirmation de soi.
Un film et une tournée pour prolonger l’ère Wild
La sortie de l’EP s’inscrit dans un dispositif plus large. Deux jours avant le disque, le 12 août, un film intitulé KATSEYE: Wild Hearts sera projeté dans les salles du monde entier, pour une durée limitée. Ce documentaire de coulisses, réalisé par Nadia Hallgren et produit par Interscope Films et Boardwalk Pictures en partenariat avec HYBE et Geffen, promet des images inédites, des vidéos de fans et des entretiens avec les six membres. Sa distribution mondiale est assurée par Trafalgar Releasing.
« Nous sommes ravis de réunir la communauté des fans dans les salles du monde entier pour une expérience partagée et immersive », a déclaré Kymberli Frueh, vice-présidente exécutive de la programmation chez Trafalgar Releasing, dans un communiqué. Le film fait office de coup d’envoi symbolique d’un nouveau chapitre pour le groupe.
Ce chapitre se prolongera sur scène. KATSEYE doit en effet partir en tournée à l’automne 2026, avec une série de concerts programmés entre septembre et novembre en Europe et en Amérique du Nord. De quoi confronter les morceaux de Wild au public, et mesurer, en salle, l’ampleur d’un phénomène qui, en deux ans, s’est hissé parmi les révélations les plus commentées de la pop contemporaine.
Reste désormais à découvrir, le 14 août, si Wild tiendra la promesse de ses deux premiers extraits. Entre l’appui d’auteurs de renom, une mécanique promotionnelle bien huilée et une base de fans déjà considérable, KATSEYE avance en tout cas avec des atouts rarement réunis aussi tôt dans une carrière.
Les six visages de KATSEYE
Derrière le nom du groupe se cachent six trajectoires distinctes. Sophia Laforteza, désignée cheffe de file, a grandi aux Philippines dans une famille liée au théâtre musical. Daniela Avanzini, danseuse de formation, s’était fait remarquer très jeune à la télévision américaine. Lara Raj, chanteuse et comédienne, avait été associée à des campagnes de sensibilisation avant de rejoindre le projet. Megan Skiendiel, elle aussi danseuse aguerrie, complète le contingent américain de la formation.
À leurs côtés, la Suissesse Manon Bannerman, passée par la création de contenus et le mannequinat, et la Sud-Coréenne Yoonchae Jeung, benjamine du groupe et seule membre issue du système d’entraînement des idoles coréennes, apportent un supplément d’internationalité. Cette combinaison d’origines et de parcours, rare dans une même formation, a nourri le récit fondateur de KATSEYE et continue d’irriguer son image publique.
Le groupe insiste régulièrement sur la complémentarité de ses membres, chacune revendiquant une personnalité et une esthétique propres. Cette pluralité assumée, loin de l’uniformité parfois prêtée aux groupes formatés, constitue l’un des ressorts de l’attachement d’un public jeune et connecté, qui se reconnaît dans la diversité de ces six profils.
Un modèle hybride entre K-pop et pop occidentale
Le cas KATSEYE illustre une tendance de fond de l’industrie musicale : l’exportation du savoir-faire de la K-pop hors de Corée du Sud. En s’associant à Geffen, HYBE a cherché à transposer aux États-Unis sa mécanique de formation, de production et de fidélisation des fans, tout en s’appuyant sur des auteurs et des sonorités taillés pour le marché occidental. Le groupe chante essentiellement en anglais et cultive une pop directement lisible par le grand public américain et européen.
Cette hybridation ne va pas sans débats. Certains observateurs saluent une internationalisation réussie de la pop, quand d’autres interrogent la part de calcul industriel dans un projet pensé, dès l’origine, comme un produit global. KATSEYE, de son côté, revendique une identité propre, à la croisée des influences, et met en avant le travail scénique et vocal de ses membres pour se distinguer des formations purement marketing.
Avec « Animal » et l’arrivée d’un auteur aussi installé qu’Ed Sheeran dans son entourage, le groupe franchit une étape supplémentaire dans cette stratégie d’ancrage. La collaboration confirme que KATSEYE ne se contente plus d’être une curiosité issue d’une émission de téléréalité, mais s’inscrit désormais dans les circuits les plus établis de la pop mondiale.
Un lancement rodé et une attente entretenue
La sortie d’« Animal » a été précédée d’une campagne de teasing méthodique. Le 21 juillet, le groupe avait diffusé une série de visuels et un court extrait de trente-deux secondes, suffisant pour faire monter la curiosité autour du morceau et de son esthétique. Cette manière d’orchestrer l’attente, séquence par séquence, est devenue une signature de la promotion de KATSEYE, qui multiplie les points de contact avec sa communauté avant chaque sortie.
Le single a rapidement suscité de nombreuses réactions en ligne, une partie du public saluant un retour à une pop plus mélodique et vocale. Sur YouTube, le clip a par ailleurs connu un démarrage fulgurant, dépassant les cinq millions et demi de vues en une demi-journée à peine, selon le compteur de la plateforme. Le nom d’Ed Sheeran, associé à celui du groupe, a également contribué à l’écho du morceau au-delà du seul cercle des fans, en attirant l’attention d’auditeurs plus généralistes. Reste à voir si « Animal » saura reproduire les performances de « Gabriela » dans les classements.
À l’heure où la concurrence est vive dans la pop mondiale, KATSEYE aborde la sortie de Wild avec une visibilité peu commune pour un groupe aussi récent. Entre récompenses, partenariats, film événement et tournée internationale, la formation dispose d’un écosystème complet pour accompagner son troisième EP. « Animal » en constitue la vitrine la plus récente, et sans doute la plus emblématique de l’ambition affichée par le groupe pour ce nouveau cycle.
La rédaction.
Source:
www.rollingstone.fr


