Une épidémie de cyclosporose touche les États-Unis. Alors que les autorités sanitaires peinent à identifier l’origine précise des contaminations, le scandale relance les critiques sur l’affaiblissement des contrôles alimentaires.
Publié le 27/07/2026 18:33
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Les Américains surnomment ce scandale « le laitue-gate ». Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires s’inquiètent d’une vaste épidémie de cyclosporose. Ce parasite microscopique présent entre autres dans les laitues entraîne des diarrhées explosives et des crampes d’estomac très douloureuses. Plus de 11 000 cas déjà recensés, et le nombre de personnes contaminées ne cesse d’augmenter.
Les symptômes peuvent durer seulement quelques jours ou réapparaître pendant plusieurs semaines. Diarrhées incontrôlées, vomissements, fièvre, perte de poids et déshydratation : la maladie est une gastro-entérite XXL. Elle n’est pas mortelle, mais il est parfois nécessaire de se faire hospitaliser. Neuf États américains ont vu le nombre de malades exploser. Le Michigan est l’un des plus touchés, toutefois aucun ne semble aujourd’hui épargné par l’épidémie.
Au cœur du scandale, il y a Taylor Farms et ses exploitations situées au centre du Mexique, qui fournissent entre autres les laitues « iceberg » émincées de la chaîne de fast food Taco Bell dans l’Indiana, le Kentucky, le Michigan, l’Ohio et la Virginie-Occidentale. La Food and drug administration (FDA) est formelle, même si aucun échantillon n’a pour l’instant été testé positif et qu’on ne sait pas encore où la contamination a eu lieu. Le Cyclospora cayetanensis, rejeté dans les matières fécales, peut se propager aux aliments aussi bien pendant la récolte qu’au stade de leur transformation, par l’eau d’irrigation ou contact avec du matériel souillé.
Par précaution, les lots incriminés ont été retirés du marché mais l’épidémie continue. Du persil et de la coriandre vendus par d’autres fournisseurs seraient aussi concernés. Bien laver les légumes et aromates à l’eau ne suffit pas à se protéger, le parasite résiste même aux désinfectants à base de chlore. La seule solution, pour s’en débarrasser, c’est de cuire l’aliment à plus de 70°C… Pas pratique pour la salade.
Face à l’ampleur du phénomène, les autorités sanitaires sont débordées, incapables de mobiliser suffisamment de personnel pour interroger les malades et remonter à la source de leur contamination. C’est un travail long et minutieux qui exige de faire appel à ses souvenirs, de retrouver des reçus de plats à emporter ou des relevés bancaires. La maladie peut en effet se déclarer quinze jours après la contamination.
Le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a tenté de calmer l’inquiétude de l’opinion publique, mais ce nouveau scandale réveille les critiques sur l’amputation du budget de la santé publique et les licenciements massifs imposésen 2025 par l’administration Trump dans les agences fédérales de santé, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Leur programme FoodNet, chargé de détecter et d’endiguer les épidémies de maladies d’origine alimentaire, a vu ses missions réduites. Le suivi de la cyclosporose n’est plus obligatoire. Pas plus que celui de la listeriose ou de la campylobactériose – bactérie contractée par la consommation de volaille crue ou mal cuite, qui touche environ 1,5 million de personnes par an. Cela veut dire que les Etats qui participent à ce programme ne sont plus tenus de faire remonter au niveau fédéral les cas dont ils ont connaissance.
En parallèle, les inspections de sécurité alimentaire menées par la FDA sont en chute libre : 10 641 établissements contrôlés en 2011, 4 500 dix ans plus tard. Les épidémiologistes préviennent que les réseaux de surveillance sont affaiblis, tous les signaux sont au rouge. En cas d’épidémie d’origine alimentaire mortelle, bien plus dangereuse que le « laitue-gate »… Le pays ne saura pas faire face.
Source:
www.franceinfo.fr

