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Cinq ans sans entraîner, un motif d'inquiétude pour Zinédine Zidane, attendu pour succéder à Didier Deschamps à la tête de l'équipe de France ?

Le Ballon d’or 1998, annoncé depuis de longs mois comme le prochain sélectionneur de l’équipe de France, n’a plus entraîné depuis son deuxième passage au Real Madrid, entre 2019 et 2021, un cas rare mais pas unique dans le milieu du football.


Publié le 27/07/2026 13:31

Temps de lecture : 4min

Zinédine Zidane lors de la demi-finale aller de Ligue des champions entre le Real Madrid et Chelsea, le 27 avril 2021 au Stade Alfredo Di Stefano de Madrid. (DAX IMAGES / AFP)

C’est une évidence qui ne va plus tarder à se concrétiser. Dix ans après ses débuts d’entraîneur principal d’un club, Zinédine Zidane va, sauf immense surprise, prendre les rênes de l’équipe de France. Une conférence de presse organisée par la Fédération française de football est en effet organisée pour officialiser le nom du futur sélectionneur des Bleus, mardi 28 juillet.

A 54 ans, il est la figure incontournable du football français, à même de prendre la suite de Didier Deschamps et de son mandat record. Trois fois vainqueur de la Ligue des champions à la tête du Real Madrid pour sa première expérience d’entraîneur, entre 2016 et 2018, « Zizou » n’a toutefois plus entraîné depuis cinq ans, après une deuxième et dernière pige plus mitigée avec les Merengues entre 2019 et 2021. Est-ce pour autant une source d’inquiétude ?

Les entraîneurs ont tous des trous dans leur CV, mais une si longue pause après de premières expériences aussi clinquantes, c’est un luxe qu’il est le premier à se payer. « Avec l’expérience, on ne va pas n’importe où, on va dans les choses qui nous plaisent », confie Philippe Montanier, qui a lui-même attendu deux ans et demi entre son départ de Toulouse et son récent passage à Saint-Etienne, n’hésitant pas à décliner « d’autres opportunités » entre temps.

Quand on a sa carrière, on n’a pas vraiment de pression là-dessus, on peut vraiment prendre des défis qui nous intéressent et on est prêt à patienter.

Philippe Montanier à propos de Zinédine Zidane,

à franceinfo: sport.

Pendant cinq ans, Zinedine Zidane a fait des apparitions régulières pour des sponsors ou des associations, et s’est ressourcé en famille. « Lorsqu’on est en activité, on est dans une machine à laver sept jours sur sept et dix heures par jour », explique Philippe Montanier. Sans poste, les entraîneurs ne chôment pas entièrement non plus, comme le confie celui qui a aussi dirigé en Espagne (la Real Sociedad) : « On regarde les autres matchs, on est en relation avec les collègues, on va en observation parfois dans d’autres clubs ». Certains s’astreignent à un planning, d’autres font au gré « des envies, des matchs qui se présentent ». Le tout étant de trouver « un bon équilibre entre rester connecté et recharger les batteries ».

Un seul autre grand entraîneur français en activité a connu une parenthèse similaire avant de revenir aux affaires : Laurent Blanc. « Le temps fut parfois long », avouait-il lors de son intronisation à la tête de l’Olympique lyonnais, six ans après son départ du PSG, avec seulement une pige de deux ans au Qatar entre temps. Il assurait pourtant : « Ma vision du football n’a pas changé d’un iota ».

Celle de Zinédine Zidane, qui ne s’est jamais montré très dogmatique au Real Madrid, ne devrait pas non plus être métamorphosée : un penchant offensif, par une domination de la possession presque autant que par attaques rapides, et une certaine malléabilité tactique. Il n’y a pas vraiment de raison de craindre qu’il soit dépassé en 2026.

« L’histoire du foot, ce n’est qu’une répétition d’évolutions, mais plus personne n’invente rien, juge Philippe Montanier. On s’aperçoit que, par exemple, le jeu de possession espagnol, la Hongrie de Puskas en 58 l’avait déjà. Il y a quelques évolutions dans les animations offensives et défensives, notamment liées à la qualité et aux profils des joueurs. »

Au Real Madrid, malgré une préférence prononcée pour le 4-3-3, c’est avec un 4-4-2 en losange – pour mettre Isco dans les meilleures dispositions – que Zinédine Zidane avait conquis ses deuxième et troisième C1 en 2017 puis 2018. A la fin de sa deuxième pige, en 2021, il a aussi expérimenté une charnière à trois pour décharger un Marcelo vieillissant de ses responsabilités défensives.

Zinédine Zidane donne des consignes à Isco lors d'un match de championnat contre Getafe, le 14 octobre 2017 au Stade Coliseum de Getafe. (JOSE BRETON / AFP)

Zinédine Zidane donne des consignes à Isco lors d’un match de championnat contre Getafe, le 14 octobre 2017 au Stade Coliseum de Getafe. (JOSE BRETON / AFP)

Ce goût pour l’accommodation aux joueurs devrait faciliter la transition après douze ans de règne de Didier Deschamps, lui-même maître dans l’art d’adapter son moule aux forces à disposition. « Il y a toujours des nouveautés, des adaptations, il faut prendre ce tournant mais le joueur reste le même », estimait ainsi Claude Puel, au moment de son retour au chevet de l’OGC Nice cet hiver, après quatre saisons sans entraîner.

Travailler pour emmener le joueur à sa meilleure expression, c’est passionnant. On n’oublie pas ça en quatre ans.

Claude Puel,

en conférence de presse à Nice en décembre 2025.

Au passage, l’ancien technicien de l’Olympique lyonnais avait pris pour référence le regretté Eric Roy, dont le passage sur le banc de Brest a été un franc succès malgré douze ans sans coacher entre 2011 et son arrivée dans le Finistère. Le « King » avait d’ailleurs passé ses diplômes d’entraîneur dans la même promotion que « Zizou », en 2015. Interrogé par TF1 au moment où le champion du monde 1998 abordait sa première expérience grandeur nature au Real Madrid, il disait de lui qu' »il a ce caractère qui lui permettra de dire ce qu’il pense à n’importe quel joueur, sans faire de complexe d’infériorité ».

Il a effectivement géré avec brio le vestiaire de la Casa Blanca, et n’aura vraisemblablement aucun mal à faire de même à Clairefontaine, où le groupe semble uni et où sa légitimité naturelle sera forcément un atout. « Je ne suis pas du tout inquiet pour lui », tranche Philippe Montanier. Personne ne semble l’être.


Source:

www.franceinfo.fr

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