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Mort d’Hélène Serrano, traductrice de l’espagnol et “passeuse” de cultures

L’Association des traducteurs littéraires de France a annoncé la disparition de sa consœur. Dans un hommage, elle salue une traductrice « très impliquée dans sa mission de passeuse » et souligne « son engagement et sa contribution au dialogue des cultures ».

L’association adresse ses condoléances à sa famille, à ses proches et à toutes celles et ceux qui l’ont côtoyée dans sa vie personnelle comme professionnelle. La cérémonie s’est déroulée le mardi 16 juin au pôle funéraire de Saint-Brieuc.

Des coulisses du spectacle aux livres

Née à Paris de parents espagnols, Hélène Serrano a grandi entre les deux langues, dans un environnement marqué par les livres et le spectacle vivant. Avant de devenir traductrice, elle a travaillé pendant une vingtaine d’années dans ce secteur, notamment dans la communication et l’accompagnement d’artistes. Elle a également travaillé comme manageuse et comme cuisinière dans des cantines artistiques.

Elle s’est tournée vers la traduction littéraire en 2009. Elle a à son actif une douzaine de romans, ainsi que des nouvelles, des bandes dessinées, des poèmes et différents textes liés au monde du spectacle.

Installée en Bretagne, Hélène Serrano entretenait un lien particulier avec la littérature argentine. Les éditions Asphalte, avec lesquelles elle a régulièrement travaillé, la décrivaient comme « nourrie au petit lait de la culture argentine », partageant son temps entre les traductions, les écrits personnels et les projets artistiques collectifs. 

Elle a notamment traduit Les Taupes et Solarium de Félix Bruzzone, ainsi que plusieurs textes de Leandro Ávalos Blacha, dont Berazachussetts et Côté cour. Ces publications ont contribué à faire circuler en français des œuvres argentines contemporaines traversées par la mémoire de la dictature, la violence sociale, la culture populaire et les marges urbaines. 

Sa bibliographie comprend également les romans Moi, Julia de Santiago Posteguillo, Hilda Bustamante revient de Salomé Esper et, plus récemment, Badaq de Carlos Bardem. 

La traduction comme expérience collective

Hélène Serrano a aussi traduit La Ballade des misérables d’Aníbal Malvar, publiée par Asphalte en 2014. Ce roman noir choral, situé dans les marges de Madrid, suit l’enquête ouverte après la disparition d’enfants roms. L’ouvrage a reçu en 2015 le prix Violeta Negra du festival Toulouse Polars du Sud, qui distingue un roman noir ou policier traduit depuis une « langue du Sud ».

Hélène Serrano ne limitait pas son activité au travail solitaire sur les manuscrits. Elle animait régulièrement des ateliers, notamment en Bretagne et à l’Institut Cervantes de Paris, afin de rendre perceptibles les choix, les hésitations et les trouvailles qui accompagnent le passage d’une langue à une autre. En novembre 2025, quelques mois avant sa disparition, elle y avait encore conduit un atelier consacré au Romancero gitano de Federico García Lorca.

« Nous souhaitons saluer son engagement et sa contribution au dialogue des cultures qui nous est si cher », conclut l’ATLF. 

Crédits photo : Hélène Serrano (DR)

Par Hocine BouhadjeraContact : hb@actualitte.com


Source:

actualitte.com

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