Après l’amende record de 890 millions d’euros infligée à Google par l’Union européenne, Donald Trump menace les Vingt-Sept de représailles commerciales massives. Dénonçant une politique discriminatoire envers les fleurons de la tech américaine, le président des États-Unis annonce le lancement immédiat d’une enquête commerciale et promet l’imposition prochaine de droits de douane punitifs contre l’UE.
« L’Union européenne va payer un très lourd prix pour ce comportement illégal et hautement immoral, contre lequel je l’ai constamment mise en garde ». Comme prévu, le président des États-Unis a opté pour la menace. Réagissant à la sanction record adressée à Google par Bruxelles de la veille, Donald Trump a vilipendé les 27 ce vendredi 24 juillet dans un post publié sur son réseau Truth Social.
L’UE a infligé ce jeudi à Google des amendes d’un total de 890 millions d’euros, pour des atteintes à la concurrence dans la recherche en ligne et au sein du magasin d’application Google Play. Ce montant global représente le blâme le plus élevé décide par Bruxelles contre une entreprise au titre du règlement européen sur les marchés numériques (DMA), une puissante loi de l’UE visant à réprimer les abus de position dominante des géants de la tech.
« C’est une décision très importante », avait affirmé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, soulignant qu’elle visait à « garantir un terrain de jeu équitable » pour toutes les entreprises en ligne.
La Maison-Blanche prépare la riposte
La réponse de Donald Trump était attendue, puisque celui-ci accuse régulièrement le Vieux continent de cibler injustement les champions américains du secteur. 25 parlementaires républicains lui avaient d’ailleurs écrit cette semaine pour lui demander d’agir en représailles contre l’UE, si elle persistait à exercer « des lois, politiques ou pratiques discriminatoires dans le secteur numérique ».
Dénonçant une « pratique illégale et hautement discriminatoire », le chef d’État erratique accuse les Européens de prendre les États-Unis pour une « vache à lait » et les menace de leur imposer un droit de douane « substantiel (…) dans les plus brefs délais ». « Nous allons immédiatement lancer une enquête au titre de l’article 301 sur cette pratique consistant à ‘VOLER’ les entreprises américaines », met en garde Donald Trump. Cette section de la loi américaine sur le commerce est l’outil privilégié par l’administration Trump pour justifier l’augmentation de tarifs douaniers avec ses partenaires commerciaux.
Ce vendredi, le gouvernement a annoncé un nouveau régime de taxes douanières pour une soixantaine d’économies, dont l’UE. Mais ceux-ci n’excèdent, pour le moment, pas le plafond de 15% fixé l’année dernière en Écosse dans un accord arraché de haute lutte. Les 27 s’en étaient réjouis.
Cette amende peut-elle faire voler en éclats le fragile accord de Turnberry ? Dans un communiqué publié jeudi, le représentant de la Maison-Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, déclarait voir dans cette sanction « un véritable risque pour le maintien de la stabilité transatlantique ».
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