L’Assemblée des 125 Etats membres de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé vendredi de relever de ses fonctions le magistrat britannique, accusé par une de ses anciennes collaboratrice. Il va « contester » cette décision, selon son avocat.
Publié le 24/07/2026 22:36
Mis à jour le 24/07/2026 22:40
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Il restera dans l’histoire celui qui a obtenu des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Benyamin Nétanyahou, mais aussi celui qui, visé par des allégations d’agression sexuelle, se sera fait limoger du solennel poste. L’Assemblée des 125 Etats membres de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé, vendredi 24 juillet, de relever de ses fonctions le procureur général Karim Khan. Lors d’un vote à bulletins secrets pendant une réunion exceptionnelle et à huis clos au siège de l’ONU à New York, 82 Etats membres ont voté pour mettre un terme au mandat du Britannique, déclarant qu’il s’était rendu « coupable de fautes graves et d’un manquement grave à ses obligations » envers le statut de Rome.
En mai 2025, le Britannique avait quitté temporairement ses fonctions en attendant le résultat d’une enquête lancée l’année précédente à la suite d’accusations d’agression sexuelle d’une collaboratrice. Il a ensuite été suspendu en juin par les 21 membres du Bureau de l’Assemblée qui a convoqué cette réunion exceptionnelle vendredi au siège de l’ONU à New York.
L’accusatrice s’est exprimée pour la première fois dans les médias la semaine dernière, lors d’un entretien accordé à CNN. La jeune femme, présentée comme une avocate originaire de Malaisie appelée Sarah, y décrit « une escalade des tentatives ». « Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas est que M. Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », a-t-elle déclaré.
Karim Khan a toujours rejeté toutes les accusations. Dans une lettre ouverte publiée cette semaine sur X, ses avocats avaient appelé les Etats membres à ne pas relever le procureur de ses fonctions, affirmant notamment que les procédures permettant à leur client de se défendre n’avaient pas été respectées. « Karim Khan va contester la légalité et l’équité de la décision par tous les mécanismes juridiques disponibles », a annoncé son avocat, Tayab Ali, sur X.
Agé de 56 ans et en poste depuis 2021, Karim Khan avait notamment fait les gros titres en 2024 en obtenant des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de la guerre à Gaza. La CPI, dont le siège est à La Haye, avait également délivré des mandats d’arrêt contre des hauts responsables du Hamas palestinien, tués depuis. En raison du dossier contre les responsables israéliens, Karim Khan a été sanctionné par les Etats-Unis, tout comme plusieurs magistrats impliqués.
Source:
www.franceinfo.fr

