Malgré les annonces triomphantes de Moscou, les forces russes auraient réalisé des gains territoriaux très limités en Ukraine depuis le début de l’année 2026. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), les avancées sur le terrain restent bien en deçà des chiffres officiels. Cet écart pourrait influencer directement la stratégie du Kremlin, surtout si l’État-major de Vladimir Poutine ne lui fournit pas les chiffres réels.
Depuis plusieurs mois, l’armée ukrainienne parvient à contrecarrer les offensives russes: les pertes humaines et matérielles sont importantes et les gains territoriaux minimes. Un Kremlin convaincu de progresser reste peu enclin à négocier, ce qui laisse présager une poursuite des combats, malgré une ligne de front pratiquement gelée.
Dans le même temps, l’Ukraine intensifie ses frappes en profondeur contre les infrastructures russes, rappelle Euromaidan Press. Logistique, carburant et industrie militaire sont désormais des cibles privilégiées, permettant de déplacer la pression loin du front.
Le contraste entre les chiffres avancés par Moscou et la réalité du terrain est frappant. Le 22 juillet, le ministère russe de la Défense a relayé une estimation affirmant la conquête de 2.226 km² au premier semestre 2026. Ce chiffre, issu d’un canal de propagande, est largement contesté.
Des incursions temporaires
Les analystes de l’ISW évaluent en réalité les gains nets russes à seulement… 81 km² depuis le début de l’année. Si certaines unités ont pénétré sur des portions de près de 630 km² de territoire, ces incursions ne signifient pas un contrôle durable. S’infiltrer dans une zone et la maintenir sous son contrôle sont deux choses bien différentes.
Cette progression limitée s’explique notamment par la contre-offensive ukrainienne menée au printemps et en été, qui a freiné efficacement les avancées russes. Elle a permis de contenir les lignes et d’empêcher une percée significative, tout en frappant toujours plus loin sur le sol russe pour perturber l’approvisionnement des troupes ennemies.
Au-delà de la communication externe à visée purement propagandiste, cette exagération semble aussi influencer les plus hauts niveaux du pouvoir russe. Des informations erronées ou embellies remonteraient jusqu’au président Vladimir Poutine, façonnant sa perception du conflit et l’incitant à maintenir une ligne dure.
C’est dans ce contexte trouble que Moscou durcit encore ses exigences. Le Kremlin continue d’exiger que l’Ukraine abandonne plusieurs régions et renonce à toute adhésion à l’OTAN, tout en refusant désormais toute restitution de territoires occupés. Pourtant, selon l’ISW, les objectifs militaires affichés par la Russie, comme la prise complète de certaines régions d’ici la fin de l’année, restent hautement improbables.
Source:
www.slate.fr

