C’est la première fois depuis près de six semaines que le prix du baril de brent repasse ce niveau.
Les cours du pétrole sont en forte hausse mercredi, avec le baril de Brent au-dessus des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines, à cause des hostilités au Moyen-Orient qui font craindre un blocage durable des exportations d’hydrocarbures de la région.
Vers 09h45 GMT (11h45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, bondissait de 4,41% à 95,02 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, prenait 4,53% à 88,16 dollars.
« La hausse du prix du pétrole intervient après que le président Trump a minimisé la perspective de nouvelles discussions avec l’Iran » lundi, explique Kathleen Brooks, analyste chez XTB. Le président américain a notamment déclaré que les Etats-Unis n’en avaient « pas fini du tout » avec l’Iran.
Les Etats-Unis ont lancé une nouvelle salve de frappes en Iran pour la « onzième nuit consécutive », affirmant que leur but est d’affaiblir la capacité de l’Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz.
Le gaz aussi
Le contrôle de la navigation dans ce passage stratégique est un point de contentieux majeur entre les deux pays, et selon le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio autoriser l’Iran à le contrôler créerait un « dangereux précédent ». Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont de plus annoncé lundi un blocus maritime de l’Arabie saoudite.
Depuis, « trois pétroliers saoudiens à destination de la Chine et de l’Inde auraient fait demi-tour » pour éviter le détroit de Bab el-Mandeb (au large du Yémen), préférant se diriger vers le canal de Suez, souligne M. Varga.
L’escalade du conflit « continuera d’exercer une pression à la hausse sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, et les risques d’inflation augmentent chaque jour », alerte Mme Brooks.
Le prix du gaz européen grimpe aussi, et il est au plus haut depuis mars. Le remplissage des réserves européennes avant l’hiver « coïncide avec la hausse des besoins en électricité en Asie pour la climatisation pendant les mois d’été caractérisés par de fortes chaleurs », explique Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit.
La compétition pour l’acquisition de gaz fait donc grimper les cours, alors que les exportations en provenance du Qatar sont bloquées. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 4,39%, à 62,32 euros le mégawattheure.
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