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Le retour de deux insecticides provoque la colère des apiculteurs

Définitivement adoptée après des débats houleux à l’Assemblée nationale, la loi d’urgence agricole autorise par dérogation et temporairement deux insecticides jusque-là interdits en France. Cette décision est vivement contestée par les apiculteurs.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

Dans un champ de betterave à Mainvilliers (Eure-et-Loir), mardi 21 juillet, un agriculteur fait le compte. Près de la moitié de ses plants est touchée par la jaunisse. « La plante devient jaune. Il n’y a plus de photosynthèse, donc la plante ne pousse plus », explique-t-il. Ce virus transmis par un puceron entraîne une perte de rendement. Pour lutter contre cette maladie, Alexandre Pelé, betteravier, pourrait bientôt pouvoir utiliser le flupyradifurone, un insecticide interdit depuis 2019 en France, mais autorisé ailleurs en Europe.

Cet agriculteur y voyait une distorsion de concurrence. « Moi, je ne suis pas là pour juger si un produit est dangereux ou pas. Il y a des autorités qui sont compétentes pour ça. J’utilise des produits qui sont autorisés. S’ils sont interdits, ils sont interdits, mais ils sont interdits pour tout le monde », affirme Alexandre Pelé, vice-président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB).

Cette molécule pourra être utilisée sur dérogation pendant trois ans, également pour les pommiers et les cerisiers, tout comme un autre insecticide, l’acétamipride, mais uniquement pour les noisettes. Un apiculteur de l’Essonne est inquiet, car ces deux insecticides sont nocifs pour les abeilles et autres pollinisateurs. « L’impact direct de tous ces produits-là, c’est que ça agit sur le système nerveux des insectes et notamment chez les abeilles, ça cause des problèmes de désorientation. Une fois après avoir été exposées à ces produits-là, les abeilles ne savent plus revenir à la ruche », déplore Cyril Way.

Est-ce impossible de se passer de ce type de pesticides ? Dans le Nord, un agriculteur bio cultive sans intrant. Dans son champ, il n’y a pas de puceron ni de feuille jaune. « Quand il y en a, on laisse faire les insectes et s’il y en a trop, on va utiliser du savon noir tout simplement pour faire glisser le puceron », indique Gaëtan Doisy. Pour éviter les maladies, il mise sur une rotation très longue des cultures. « Pendant huit ans, la betterave ne va pas revenir au même endroit. Donc, pendant ce temps-là, il y aura un blé, il y aura des cultures différentes où le nuisible ne pourra pas se développer », détaille-t-il. Ces deux insecticides ont aussi divisé les parlementaires, jusqu’au sein même du gouvernement.


Source:

www.franceinfo.fr

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