Le DOGE devait disparaître début juillet… Suprise, il est toujours là

A-t-on annoncé la fin du DOGE un peu trop tôt? Officiellement, le département de l’Efficacité gouvernementale, un temps codirigé par Elon Musk et Vivek Ramaswamy, aurait dû s’autodissoudre le 4 juillet 2026. Cette date avait été annoncée dès la fin 2024, lors de la désignation des deux milliardaires par le président américain Donald Trump.

Mais comme l’explique The Washington Post, bien que le DOGE ait connu une sortie de piste prématurée fin 2025, période à laquelle il fut considéré par de nombreux observateurs comme agonisant, ce département est toujours là, preuve de sa grande tenacité. Pourtant, de nombreuses poursuites judiciaires ont été intentées par des fonctionnaires fédéraux. Les efforts radicaux de réduction des coûts ont, eux, été temporairement ralentis voire stoppés par des États et des militants. Motif: Elon Musk et ses alliés manquaient de transparence et ciblaient des agences, des subventions et des programmes inscrits dans la loi.

Tout cela n’a vraisemblablement pas suffi. Si le site web du DOGE –qui devait documenter la tentative de réduire le budget fédéral de 2.000 milliards de dollars (1.747 milliards d’euros)– est en sommeil, ce n’est pas le cas de son action. «Le DOGE est un mode de vie… Ça ne s’arrête jamais», a déclaré Katie Miller, ancienne collaboratrice du département, le jour de son expiration théorique.

Selon le Washington Post, une vingtaine de personnes recrutées ou validées par le biais du DOGE sont toujours en poste au sein du gouvernement, dont Gavin Kliger, responsable des données au Pentagone, et Jeremy Lewin, proche conseiller du secrétaire d’État Marco Rubio. La liste des membres du département n’ayant jamais été rendue publique conformément à la volonté de l’administration Trump, il reste assez difficile de procéder à des comptes précis.

Une empreinte durable au sein des autorités

Qu’il vive ou non ses dernières heures, et bien que certaines de ses mesures de dégraissage aient été annulées a posteriori, le DOGE aura laissé une empreinte durablement néfaste au sein du gouvernement fédéral états-unien. Certaines répercussions se font encore sentir à Washington.

Le département a par exemple imposé une refonte du fonctionnement d’agences telles que l’Administration de la sécurité sociale, où le personnel a été réorganisé pour compenser les pertes d’effectifs sur le terrain. Le taux de chômage a augmenté dans la région de Washington D.C. depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et les fonctionnaires fédéraux craignent toujours des représailles.

Lorsqu’il a abandonné le navire en mai 2025, Elon Musk avait laissé entendre qu’il espérait que le DOGE survivrait à sa première vague de coupes budgétaires. «Le bouddhisme a-t-il besoin de Bouddha?, déclarait-il alors. N’est-il pas devenu plus fort après sa disparition?» Selon le journal américain, c’est vraisemblablement ce qui s’est produit. Des initiatives rappelant les missions initiales du département ont même été lancées sans être étiquetées «DOGE», à l’image du groupe de travail de lutte contre la fraude initié par le vice-président J. D. Vance.

Le camp démocrate continue d’exploiter le mécontentement suscité par le DOGE, réclamant des enquêtes sur l’accès de ses membres à des données sensibles ainsi que sur les conséquences des coupes budgétaires. Parallèlement, le débat persiste, y compris chez certains membres des Républicains, pour savoir si cette initiative justifiait les bouleversements spectaculaires qu’elle a engendrés. «On a beaucoup parlé d’économies se chiffrant en milliards et en milliards de dollars, a déclaré le sénateur républicain Thom Tillis. Je veux simplement savoir où vous les avez comptabilisées et où je peux le constater.» La dissolution ratée du département pourrait bien accentuer les tensions.


Source:

www.slate.fr

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