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Betteraves, noisettes… des pesticides interdits pourraient faire leur retour temporaire

La loi d’urgence agricole prévoit de réautoriser temporairement certains pesticides interdits, dont le flupyradifurone, pour lutter contre des ravageurs qui menacent plusieurs cultures. Une mesure défendue par les agriculteurs, mais dénoncée par des scientifiques pour ses effets sur les pollinisateurs.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C’est une matinée qui commence bien pour Alexandre Pelé, betteravier et vice-président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). Dans ses champs, il pourrait bientôt pouvoir utiliser un insecticide jusque-là interdit. Pour lutter contre la jaunisse de la betterave, il raconte : « Vous avez une plante où vous avez une feuille qui est cassante. La plante devient jaune et, en fait, il n’y a plus de photosynthèse. Donc la plante ne pousse plus. »

La maladie est transmise par un puceron : 50 % du champ est touché. Pourtant, Alexandre a déjà utilisé quatre insecticides cette année. Pas assez puissants selon lui. Pour pallier les pertes de rendement, il demandait à utiliser d’autres produits plus efficaces, comme le flupyradifurone, un insecticide interdit en France jusque-là, mais autorisé ailleurs en Europe. « Moi, je ne suis pas là pour juger si un produit est dangereux ou pas. Il y a des autorités qui sont compétentes pour ça. J’utilise des produits qui sont autorisés. S’ils sont interdits, ils sont interdits, mais ils sont interdits pour tout le monde », explique l’agriculteur.

Le flupyradifurone pourrait donc être utilisé sur dérogation pendant trois ans, après accord de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, pour certaines filières : la betterave, les pommiers et les cerisiers. Idem avec l’acétamipride pour les noisettes. Deux pesticides interdits jusque-là, notamment car ils sont nocifs pour les pollinisateurs, comme les abeilles, et leur environnement. Adrien Perrard, enseignant-chercheur à l’Institut d’Écologie et des Sciences de l’Environnement – Université Paris Cité, souligne : « Ces produits, on les retrouve partout dans l’environnement, ils vont dans l’eau, on les retrouve dans les nuages, on les retrouve dans les champs à côté, dans les haies, ça affaiblit de manière générale nos écosystèmes. »

La loi d’urgence agricole doit encore être votée au Sénat mardi 21 juillet pour être définitivement adoptée.


Source:

www.franceinfo.fr

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