ANNIVERSAIRE. Mars a toujours été une planète fascinante. Malgré son environnement glacial, avec une température moyenne de -60 degrés, et une atmosphère saturée en dioxyde de carbone, de nombreuses observations scientifiques suggèrent qu’elle aurait été habitable il y a des milliards d’années de cela. Sa surface aurait été couverte de lacs, de rivières, voire d’océans.
A partir des années 1960, en pleine Guerre froide et en préparation effective des missions lunaires Apollo, la Nasa initiait l’exploration de Mars. Tout d’abord avec le survol de la planète avec Mariner 4 en 1965 et la mise en orbite par Mariner 9 en 1971. En parallèle, l’URSS développait les missions Mars 2 et Mars 3 la même année et poursuivit jusqu’à Mars 6 en 1975, consistant à faire atterrir des sondes. Toutefois, le programme Mars a échoué en raison de problèmes techniques importants, notamment la réception de données corrompues et la rupture du signal lointain.
Durant l’été 1975, la Nasa lance alors le programme Viking, destiné à envoyer deux orbiteurs comprenant chacun un atterrisseur. C’est chose faite le 20 juillet 1976 via la sonde Viking 1. Ce vaisseau spatial délivre les premières images de la surface de la planète Rouge quelques minutes après son atterrissage. Le programme de l’agence spatiale américaine a pour objectif de fournir des images haute résolution du sol, mais aussi d’étudier l’atmosphère martienne.
Le paysage martien désolant
Mariner 9 avait photographié 85 % de la surface martienne en révélant notamment des volcans et canyons, constituant la première preuve que de l’eau a coulé autrefois. Viking 1 a l’avantage d’opérer directement depuis le sol martien, à Chryse Planitia, une large plaine de 1 700 kilomètres située dans l’hémisphère nord. La sonde Mars Pathfinder a aussi opéré dans cette région à partir du 4 juillet 1997. Viking 1 a ainsi pu prélever des échantillons de roche à l’aide de son bras robotique. La première image de Viking 1 laisse entrevoir des roches d’origine volcanique de forme variable entourées de grains de sable et de poussière rouge.
Le 3 septembre 1976, un atterrisseur similaire, Viking 2, arpente la surface martienne dans la région d’Utopia Planitia, également une vaste plaine, mais étendue sur 3 200 kilomètres dans l’hémisphère nord. Les deux atterrisseurs ainsi que leurs orbiteurs associés ont fourni plus de 52 000 images d’une richesse considérable laissant entrevoir un environnement désertique et froid de la planète Rouge.
Image en couleurs de Viking 1 prise le 21 juillet 1976. Un paysage rouge-orangé composé de matériaux de surface se profile. Ceux-ci sont probablement constitués de limonite, une sorte d’oxyde de fer hydraté, ce qui donne sa teinte rouge à Mars. Crédit : Nasa.
Pathfinder : première sonde à déposer un astromobile
Autre anniversaire: Il y a 29 ans, le 4 juillet 1997, la sonde Mars Pathfinder de la Nasa atterrissait sur la planète Rouge. Elle y déployait Sojourner, le premier astromobile à fouler la surface de Mars. Le film Seul sur Mars montre le rôle clé que joue la sonde Pathfinder. Posé dans la région de Ares Vallis, une vallée longue d’environ 1 800 kilomètres située dans l’hémisphère nord, et où s’écoulait jadis potentiellement de l’eau, la sonde américaine embarquait des instruments destinés à étudier l’atmosphère, le climat, la géologie ainsi que la composition des roches et du sol. Jusqu’à la dernière transmission, le 27 septembre 1997, la sonde aura transmis de précieuses données scientifiques, notamment sur les roches et sur les phénomènes météorologiques de Mars, ayant fourni plus de 16 500 images. En parallèle, le rover Sojourner a délivré 550 clichés permettant de mieux caractériser le terrain martien. Malgré plusieurs mois de tentatives de communication, la mission Pathfinder a été officiellement déclarée terminée le 10 mars 1998.
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Révéler des signes de vie
Viking 1 a démontré que l’atmosphère martienne, très fine, est composée à 95 % de dioxyde de carbone, de traces de vapeur d’eau et d’azote. Le vaisseau américain a mesuré une température de surface extrêmement basse, jusqu’à -80 degrés.
Malgré cet environnement mortifère, chercher des indices d’une vie passée demeure un objectif prioritaire. En emportant l’équivalent d’un « laboratoire de biologie et de chimie », Viking 1 a analysé le sol de la surface rouge. De manière surprenante, aucune molécule organique n’a été mise en évidence, ce qui aurait dû être le cas à travers des impacts de météorites. Une donnée a cependant suggéré la présence d’une vie microbienne, restée lettre morte du fait de l’absence de preuves convaincantes.
Le programme Viking s’est officiellement terminé le 11 novembre 1982 et aura grandement fourni des données précieuses pour mieux comprendre la planète Rouge. Une telle mission aura servi de pierre angulaire sur le plan scientifique, indispensable pour guider les explorations des futurs astromobiles tels que Spirit, Opportunity, Curiosity et Perseverance.
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Source:
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