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Il livre gratuitement les courses à domicile: le supermarché en ligne Picnic a creusé ses pertes en 2025 mais compte arriver à Lyon et Marseille

Présent dans trois pays, le supermarché en ligne fondé en 2015 a enregistré l’année dernière un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros pour 3,6 millions de clients (+23% par rapport à 2024).

La perte nette de l’entreprise néerlandaise Picnic, spécialisée dans la livraison de courses alimentaires à domicile, s’est creusée à 272 millions d’euros en 2025 en raison notamment des coûts liés à son « expansion rapide » en Allemagne, mais ses ventes ont bondi de 24%, a-t-elle indiqué lundi à l’AFP.

Présent dans trois pays, le supermarché en ligne fondé en 2015 a enregistré l’année dernière un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, contre 1,5 milliard en 2024, pour 3,6 millions de clients (+23% par rapport à 2024) dans 690 villes (+19%), selon son rapport annuel publié lundi.

Dans le détail, les ventes réalisées aux Pays-Bas, où le distributeur est devenu rentable, atteignent un milliard d’euros (+16%), contre 774 millions (+32%) en Allemagne, où il s’est installé en 2018, et 124 millions (+40%) en France, où il s’est lancé en 2021.

Le groupe propose via son application des produits à des prix « alignés » sur ceux des hypermarchés, livrés gratuitement à partir d’un certain montant (50 euros en France), dans des voiturettes électriques sur des fenêtres de 20 minutes.

Développement en France

Il a vu sa perte nette augmenter de 7,5% comparé à 2024 (253 millions d’euros). En cause, son « expansion rapide », achevée dans « toutes les grandes métropoles allemandes », qui a entraîné « beaucoup de coûts de structure », explique à l’AFP Grégoire Borgoltz, directeur des opérations Picnic France.

Le groupe, qui a levé 430 millions d’euros fin 2025, a notamment ouvert l’an dernier dans la région de Düsseldorf son premier centre de préparation de commandes automatisé en Allemagne, futur « levier de rentabilité » selon lui.

Aux Pays-Bas, où l’automatisation lancée en 2022 concerne désormais « plus d’une livraison sur deux », selon Grégoire Borgoltz, Picnic a vu son résultat d’exploitation (EBITDA, un indicateur de rentabilité) sous-jacent (hors éléments exceptionnels) passer dans le vert en 2025, à 4 millions d’euros.

En France, l’entreprise, présente dans les Hauts-de-France et l’Ile-de-France, est « en négociation » pour l’ouverture « dans les douze prochains mois » de deux centres de préparation « dans le nord de Paris et en région lyonnaise », puis visera Marseille, l’Est et la Bretagne.

Avant de se lancer dans la conquête d’autres pays, Picnic, qui compte près de 24.000 employés, priorise « la rentabilité aux Pays-Bas et en Allemagne », l’expansion en France et le « développement de l’automatisation », selon Grégoire Borgoltz.

Des tournées de livraisons

Picnic ne fonctionne pas comme un service de livraison à la demande à la Uber Eats ou Deliveroo mais comme un véritable supermarché en ligne. Les clients commandent leurs courses via une application à des prix que l’entreprise affirme alignés sur ceux des hypermarchés. La livraison est gratuite à partir de 50 euros d’achat en France, sans abonnement ni frais de service. En contrepartie, les commandes ne sont pas livrées immédiatement, elles sont regroupées et acheminées lors de tournées planifiées, sur un créneau de 20 minutes, afin d’optimiser chaque trajet.

Pour réduire ses coûts, Picnic n’exploite pas de magasins ouverts au public. Les commandes sont préparées dans des centres logistiques dédiés, dont certains sont progressivement automatisés grâce à des robots. L’entreprise mise également sur une flotte de petits véhicules électriques qui livrent plusieurs dizaines de foyers au cours d’une même tournée. Cette organisation permet de diminuer le coût du « dernier kilomètre », traditionnellement la partie la plus onéreuse de la livraison à domicile.

Ce modèle nécessite toutefois d’importants investissements avant d’atteindre la rentabilité. Picnic doit construire des centres de préparation, acheter des véhicules, développer ses outils informatiques et recruter des équipes avant de disposer d’un volume suffisant de clients. C’est pourquoi le groupe continue d’accumuler des pertes en Allemagne et en France, où il poursuit son expansion, tout en étant devenu rentable sur son marché historique néerlandais, où l’automatisation et la densité de commandes lui permettent désormais d’amortir ses coûts fixes.


Source:

www.bfmtv.com

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