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Éric Judor
« Si c’est drôle, ce n’est pas très grave. » La phrase d’Éric Judor ne passe pas inaperçue. Invité de l’émission Co Media aux côtés de Jérémy Ferrari, l’acteur a défendu les blagues racistes tant qu’elles font rire. « Une blague raciste, une blague arabe, noire ou chinoise, si c’est drôle, ce n’est pas très grave », a-t-il lancé, illustrant son propos par une anecdote personnelle dans un restaurant vietnamien.
Les deux humoristes, réunis pour la promotion de leur film Les K D’Or à l’époque de cette interview, se sont ensuite retrouvés à défendre une même idée : c’est le public, et lui seul, qui juge si une blague s’avère drôle ou non.
Éric Judor assume ses blagues, quitte à choquer
Éric Judor ne renie pourtant pas les avancées de la nouvelle génération. « Il y a plein de choses que j’admire de cette nouvelle génération qui se fiche beaucoup et qui a remis plein de trucs en question », reconnaît-il, citant l’affaire Weinstein et l’évolution des rapports hommes-femmes sur les plateaux de tournage. « Maintenant, il y a des règles. C’est bien », ajoute-t-il, avant de nuancer aussitôt son propos sur l’humour.
Pour étayer sa position, l’acteur raconte ses souvenirs dans un restaurant vietnamien : « À chaque fois qu’ils nous prenaient la commande, ça nous faisait un peu marrer. Il y avait un petit truc qui nous faisait marrer de l’accent, de ne pas maîtriser. » Il théorise même le procédé : « C’est du burlesque vocal. C’est comme un mec qui se casse un peu la gueule, mais il se casse la gueule avec les mots. Donc ça crée des expressions qui sont étonnantes. » Pour Éric Judor, l’humour repose avant tout sur la surprise, et c’est le public qui, au final, valide ou rejette une blague.
Jérémy Ferrari, la provocation en héritage
Jérémy Ferrari, connu pour son humour provocateur depuis quinze ans, abonde dans le même sens. « Ça fait 15 ans que je fais de l’humour provoc, que je mets beaucoup de monde, que je fais des vannes sur tout », rappelle-t-il, précisant avoir toujours eu la sensation de dénoncer le racisme ordinaire en caricaturant des personnages.
Quand Éric Judor lui fait remarquer que son humour était « purement moqueur », l’intéressé confirme sans détour, avant de recentrer le débat : « Le public, s’il ne trouve pas ça bien, il ne vient pas voir. S’il est dans les salles, s’il est devant les films, c’est que ça le fait marrer. »
Cette complicité sur scène se prolonge d’ailleurs derrière la caméra. Les deux comédiens partagent l’affiche des K D’Or, comédie d’action écrite et réalisée par Jérémy Ferrari, aux côtés de Laura Felpin. Éric Judor y campe Ryan, un coureur malvoyant participant au Marathon des sables, une couverture parfaite pour franchir discrètement une frontière au cœur d’une chasse au trésor rocambolesque autour de l’or caché de Mouammar Kadhafi. Un rôle largement retravaillé après les retours de l’acteur lui-même : « J’ai réécrit tout le rôle parce que je voulais absolument que ce soit lui », confie le réalisateur, qui s’est replongé dans la filmographie d’Éric et Ramzy pour peaufiner le personnage sur mesure.
Les K D’Or, coécrit avec Saïd Belktibia et Clément Peny, est sorti en salles le 11 mars dernier, permettant à Jérémy Ferrari de signer son premier long-métrage en tant que réalisateur, après des années passées sur scène.
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Source:
www.public.fr


