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Édito. Le gouvernement brandit un rapport d'économistes pour préparer la bataille parlementaire du prochain budget

Avant la présentation du budget 2027, Bercy met en avant un rapport de quatre économistes indépendants. Leur diagnostic est sans appel : sans économies, les finances publiques continueront de se dégrader.


Publié le 17/07/2026 06:39

Temps de lecture : 2min

David Amiel, ministre délégué chargé des Comptes publics, à Paris, le 21 mai 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le prochain grand défi du gouvernement, c’est le budget 2027. Pour préparer le terrain, Bercy tente une opération de déminage. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a commandé un rapport à un groupe de quatre économistes indépendants afin de mettre à plat les grands équilibres budgétaires et d’établir des projections. L’objectif est d’éclairer les prochains débats à l’Assemblée nationale, mais aussi, pourquoi pas, les candidats à la présidentielle. « Personne ne pourra dire : ‘je ne savais pas' », résume le ministre.

Sans surprise, la principale conclusion est qu’il va falloir trouver de l’argent. Si rien n’est corrigé par rapport au budget actuel, le déficit public s’envolerait à 5,9% dès 2027 et continuerait de se creuser jusqu’en 2030. En cause, l’augmentation naturelle des dépenses de l’État, notamment celles consacrées à la santé et aux retraites. Bref, le « coût de l’inaction serait rédhibitoire », jugent les experts. Selon leurs projections, 124 milliards d’euros devront être trouvés d’ici à 2030 pour stabiliser la dette française.

Pour les auteurs du rapport, il faut donc agir dès 2027. Ils estiment qu’il faut en priorité réaliser des économies sur les dépenses, là où l’État dispose des plus grandes marges de manœuvre. À l’inverse, augmenter les impôts produirait des effets plus limités, et encore davantage si la taxation ne concernait qu’une partie de la population. Le rapport ne précise toutefois pas où réaliser ces économies. Il évoque seulement la piste de « l’année blanche », c’est-à-dire le fait de ne pas revaloriser les prestations sociales.

Les conclusions vont dans le sens de ce que défend le gouvernement. Comme si David Amiel avait téléguidé l’étude ? « Pas du tout », répond Bercy, qui assure que ces quatre économistes sont totalement indépendants, qu’ils viennent « d’écoles économiques un peu différentes » et qu’il s’agit d’un exercice de transparence inédit. Les oppositions ne partageront sans doute pas cette lecture. La gauche, qui défend chaque année des hausses d’impôts ciblées sur les plus riches, se voit désavouée par les conclusions du rapport.

Les députés auront l’occasion d’interroger David Amiel jeudi 16 juillet dans l’après-midi, lors de son audition devant la commission des Finances. Il sera question de ce rapport, mais aussi de sa mise en pratique immédiate. Les lettres de cadrage ont été envoyées mercredi soir à chaque ministère afin de préciser les plafonds de dépenses envisagés pour l’année à venir. Il y aura forcément des déçus qui tenteront de défendre leur domaine. Finalement, le rapport des économistes vise peut-être autant à responsabiliser les ministres qu’à responsabiliser les oppositions.


Source:

www.franceinfo.fr

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