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Une étude se penche sur l'origine du mystérieux «hum», ce bourdonnement qu'entendent certaines personnes

Signalé pour la première fois au cours des années 1970, le phénomène du «hum» continue de fasciner et interroger la communauté scientifique. Tout a commencé lorsque le Bristol Evening Post, journal britannique, a commencé à recevoir des lettres de personnes qui avaient entendu un son inexplicable et se demandaient d’où il provenait. Une théorie suggérait alors que le bourdonnement était dû à d’immenses ventilateurs industriels situés dans l’entrepôt d’un grand magasin; mais la fermeture de celui-ci, quelques années plus tard, n’y a rien changé.

Depuis, raconte Norwegian SciTech News, le son a été enregistré à plusieurs endroits au Royaume-Uni, principalement dans des villes côtières comme Hythe, Plymouth, Southampton, Swansea, mais aussi à Londres. Rapidement été désigné sous le nom de «hum», traduction du mot «bourdonnement», il est ensuite apparu aux États-Unis dans les années 1990, puis au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et dans plusieurs villes européennes. Seul point commun apparent: les zones où il apparaît sont densément peuplées.

Le Canadien Glen MacPherson a commencé à entendre ce bourdonnement lorsqu’il vivait et travaillait comme enseignant sur la côte ouest du Canada. Mais lorsqu’il a déménagé dans une autre ville de la même région, le son a disparu. Fasciné par le phénomène, il a lancé en 2012 le projet interactif intitulé «The World Hum Map and Database Project», qui consiste à collecter les données provenant des lieux et des personnes où le son a été observé.

Deux explications coexistantes?

De cette initiative sont nées plusieurs théories, allant de la pollution acoustique d’origine humaine aux sons produits par la nature elle-même, en passant par l’hypothèse d’un qui son serait produit par la CIA. L’Association écossaise des sciences marine suggère que ces sont pourraient être liés aux chants nuptiaux de bancs de poissons mâles. Quant à un groupe de chercheurs français, il estime que le bruit est celui du déplacement des vagues le long des fonds marins.

Professeur au Département de neuromédecine et des sciences du mouvement de l’Université norvégienne de sciences et technologies, Markus Drexl tente d’expliquer pourquoi certains individus (qui représentent entre 2 et 4% de la population humaine) entendent ce bourdonnement, et pas d’autres. «Nous savons que certaines personnes perçoivent des sons de basse fréquence qui peuvent être mesurés, même si d’autres ne les entendent pas. Mais il n’est pas si facile de trouver la source de ces ondes sonores, car localiser les sons de basse fréquence est un véritable défi.» Ces sons ont en effet de grandes longueurs d’onde et peuvent parcourir de grandes distances.

L’hypothèse d’un bruit produit par l’oreille elle-même n’est pas à exclure. La cochlée, située dans l’oreille interne, produit des sons faibles de fréquences variables, qui n’ont pas de fonction propre mais résultent d’un processus physiologique d’amplification sonore. «La plupart d’entre nous n’entendent pas ces sons. Cependant, certaines personnes peuvent entendre les sons que l’oreille produit elle-même. Et ces sons peuvent être mesurés objectivement», déclare Markus Drexl.

Ces sons particuliers, appelés otoémissions acoustiques, peuvent être détectés en plaçant un microphone sensible dans le conduit auditif. Chez certaines personnes, ces otoémissions acoustiques spontanées peuvent être perçues comme des acouphènes gênants. Mais des tests menés par l’équipe norvégienne sur un échantillon certes peu représentatif (vingt-huit sujets) semblent indiquer que cette piste n’est pas totalement convaincante.

Pour Markus Drexl et ses collègues, le bourdonnement pourrait s’expliquer par deux causes coexistantes: chez une minorité, il serait dû à une audition particulièrement fine dans les basses fréquences, tandis que chez les autres, il s’agit probablement d’une forme d’acouphène, c’est-à-dire un son provenant de l’intérieur du système auditif. Un même symptôme mais deux origines en fonction des individus: voilà qui pourrait expliquer pourquoi le «hum» est si difficile à cerner.


Source:

www.slate.fr

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