AccueilPolitique"La faute d'un...

"La faute d'un homme qui s'appelle Édouard Philippe" : Sarah Knafo revient sur l'échec de son alliance avec Rachida Dati pour Paris

La candidate de Reconquête s’était qualifiée au second tour des municipales de Paris, espérant une alliance avec la candidate LR. Selon elle, l’ancien Premier ministre a mis son véto.


Publié le 15/07/2026 11:00

Temps de lecture : 4min

Sarah Knafo, le 15 mars 2026, au soir du premier tour des municipales (LUDOVIC MARIN / AFP)

Sarah Knafo, le 15 mars 2026, au soir du premier tour des municipales (LUDOVIC MARIN / AFP)

15 mars 2026 : avec 10,4 % des voix, Sarah Knafo arrive en cinquième position du premier tour des municipales à Paris et se qualifie de justesse pour le second. La candidate Reconquête est en position de faiseuse de roi. Son maintien dans la course peut empêcher l’élection de la candidate LR Rachida Dati. Deux jours plus tard, le 17 mars, à quelques heures de la fin du dépôt des listes, elle prend la parole devant le siège de son parti.

« J’ai pris la décision de retirer ma liste parce que je considère que j’ai une responsabilité aujourd’hui. Les 85 000 voix que je représente peuvent battre la gauche » lance-t-elle. Un coup politique qui lui permet de se positionner en sauveuse de la droite dans la capitale.

« Quand j’ai commencé ma campagne, c’était au journal télévisé de TF1, explique-t-elle aujourd’hui. La première phrase que j’ai prononcée, c’est : ‘jamais je ne ferai perdre la droite’. Donc à la fin, j’ai tenu parole. Je pense que c’est tellement rare, aujourd’hui en politique, qu’on considère qu’on fait un beau coup quand on ne fait que respecter sa parole. En tout cas, si j’ai pu montrer l’exemple et que par ailleurs, ça a pu montrer que je savais tenir parole, tant mieux. »

Et elle revient notamment sur ce qu’il est réellement passé entre elle et Rachida Dati entre les deux tours, et cette fameuse main tendue. « J’ai proposé que les 85 000 Parisiens qui ont voté pour ‘une ville heureuse’ (son slogan, ndlr), soient représentés dans le cadre d’une alliance avec Les Républicains, énonce-t-elle.

Une main tendue, sèchement repoussée par celle qui venait de quitter le ministère de la Culture. « Lorsque j’ai parlé à Rachida Dati, elle m’a dit que c’était la faute d’un homme qui s’appelle Edouard Philippe, poursuit Sarah Knafo. Elle m’a dit : ‘C’est Edouard Philippe qui pose un veto à cette alliance et il dit que si je m’allie avec vous, il ne s’alliera pas avec moi et je perdrai les électeurs de Pierre-Yves Bournazel' ».

« Le plus ironique dans cette affaire, c’est que finalement le centre a trahi ce qui était censé être la droite, grince-t-elle. Que les électeurs de Bournazel ne se sont pas du tout déplacés en masse pour voter Rachida Dati. Au contraire, Je prends même les paris que Bournazel lui-même a dû voter pour le Parti socialiste. Donc, comme je l’ai dit, je ne me suis pas désisté pour Madame Dati, mais contre la gauche à Paris qui est responsable de tout ce qui se passe actuellement dans notre capitale. »

La candidate de Reconquête pose néanmoins un satisfecit sur sa campagne. « C’était la première campagne que j’ai menée sur mon nom. Quand j’ai démarré, j’étais donné à 4 % dans les sondages. Le Rassemblement national était donné à 9 % par exemple. Et puis huit semaines plus tard, c’est moi qui suis à 10,5 %. Le Rassemblement national est à 1,5 % des voix. Donc comme quoi une campagne peut inverser les sondages, souligne-t-elle. Comme quoi, pour ce qui arrive dans quelques mois, il ne faut jamais prendre pour acquis ce que nous donnent les sondages avant la campagne. »

« On peut y voir une preuve que les porosités sont très fortes entre les trois électorats LR, Reconquête et RN. Et j’espère que, comme à Paris, ça se fera demain à notre profit. »

Sur la forme, la candidate a mené une campagne aux codes très modernes : cette couleur jaune pour se distinguer, un slogan très positif – « Une ville heureuse » – et une omniprésence sur les réseaux sociaux. De quoi la comparer avec celle du maire de New York, Zohran Mamdani ?

« n a un seul point commun, avec des divergences monumentales sur le fond, c’est qu’on a le même âge et que peut-être que tous les deux, on a aussi compris que les codes habituels de la politique ennuyaient les gens, qu’ils étaient parfois synonymes de mensonges, d’entourloupes, de langue de bois et que pour ça il fallait que la forme aille avec le fond, souligne Sarah Knafo. Si on propose une rupture, autant la montrer aussi sur la forme. »

« J’ai le sentiment que notre peuple est passé d’une forme de déni à une forme de fatalisme, poursuit-elle. Et aujourd’hui, l’objectif pour moi de ce combat politique, c’est de montrer que non, tout n’est pas fichu. On peut bel et bien changer les choses dans notre pays. »

Quelle est la prochaine étape pour la candidate Reconquête ? « La prochaine étape, c’est de travailler sur le programme pour la France. C’est ce que je fais tous les jours, sur tous les aspects, et aux côtés d’Éric Zemmour pour le programme de Reconquête. On reçoit des milliers de contributions sur un site de consultation que nous avons créé. Et pour un futur beaucoup plus proche, je publie mon premier livre qui traitera d’économie en septembre prochain. « 

Peut-on l’imaginer comme candidate reconquête pour la présidentielle de 2027? « Je l’ai beaucoup dit. Je souhaite qu’Éric Zemmour soit candidat. Mais je ne peux pas déclarer sa candidature à sa place. »


Source:

www.franceinfo.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img