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Héritage des Mayas, gastronomie, écosystème… Les trésors du Yucatán au Mexique

C’est l’un des pays les plus visités au monde : le Mexique. Il profite en effet du désamour des Européens pour les États-Unis et fait le plein de touristes qui admirent ses beautés naturelles exceptionnelles, son héritage culturel et ses temples mayas. Le « 20 Heures » vous emmène à la découverte de ses secrets fragiles.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Elle surgit au-dessus des forêts luxuriantes du sud du Mexique : la pyramide de Kukulcán. D’une hauteur de 30 mètres de haut, un temple dédié aux dieux serpents. Le centre d’une immense cité Maya aujourd’hui disparue : Chichén Itzá. Ce site est l’un des plus visités du Mexique. Plus de deux millions de touristes s’y pressent chaque année. Comme des Français, qui ne peuvent s’empêcher de rêver. « On n’est rien à côté, c’est magnifique », assure une visiteuse. Son conjoint est tout aussi conquis : « Je me projette un petit peu, j’essaie de me mettre à la place de ces gens-là, ce qu’ils vivaient, ce qu’ils faisaient, leurs croyances spirituelles, par rapport justement au dieu serpent Kukulcán, les sacrifices, les offrandes… », confie-t-il.

Les Mayas ont érigé ce site il y a plus de mille ans. La cité de Chichén Itzá s’étendait sur plus de 30 kilomètres carrés. Et s’ils l’ont implanté à cet endroit précis, c’est probablement à cause d’un gouffre rempli d’eau douce, un cenote, considéré comme un point de passage avec l’inframonde, un monde souterrain, spirituel. Le Yucatán compte plus de 1 500 cenotes. Les plus beaux sont devenus des attractions touristiques, incontournables pour des Français qui s’offrent un plongeon. Ils sont survolés par des dizaines d’oiseaux, les reflets du soleil dansant sur les parois. Moment d’émerveillement.

Aujourd’hui, souvent aménagés par l’homme, les cenotes ont au départ été forgées par la nature, à partir de rivières souterraines. « Il y a toujours des infiltrations, entre les roches se forment des poches d’air où l’eau s’accumule puis s’écoule goutte à goutte pendant des années. À mesure que le mouvement de l’eau use la roche, celle-ci s’érode progressivement jusqu’à s’effondrer et ouvrir un passage », explique Fernando Aljona, responsable du cenote Mucuyché

Le Mexique est le sixième pays le plus visité du monde. Un tourisme en plein boom : plus 16% d’arrivées l’an passé. Et à Mérida, ça se voit. La ville est réputée pour être particulièrement sûre au Mexique et elle séduit par son architecture coloniale. « Ça nous plaît, c’est une vieille ville historique et on y mange très bien », assure une voyageuse. Le Mexique profite aussi du désamour des touristes européens pour l’Amérique de Donald Trump. « Parce que cette année, c’est plus cher. Et aussi, à cause de la politique, ce n’est pas confortable », confirme l’un d’eux. « Vu comment les choses se passent là-bas, ça ne nous intéresse pas d’y aller », abonde un autre voyageur.

Quant à nos deux Français rencontrés à la pyramide, ils sont tellement sous le charme du Mexique qu’ils envisagent de venir s’y installer. Sarah, elle, vit déjà à Mérida. Et ce jour-là, elle leur fait découvrir un marché. Les locaux viennent s’y petit-déjeuner et déguster des boissons traditionnelles, comme la chaya con piña, de la chaya avec de l’ananas. « Comme vous pouvez le voir, ce sont des feuilles de chaya, c’est une plante typique d’ici, au Yucatan. Pour les couper, il faut d’abord lui demander la permission. Sinon, elle vous pique et provoque de fortes démangeaisons », indique Mauricio Hernandez, responsable du restaurant la Lupita. « Elle fait partie de l’héritage des Mayas du Yucatan, c’est aussi une plante médicinale », ajoute-t-il. « C’est fruité, c’est relativement sucré, mais pas trop, comme il faut. Et franchement, c’est très agréable, très rafraîchissant ! », commente l’un des deux Français en visite.

Des Mayas, le Yucatan a aussi hérité d’une nature exceptionnelle. A Mahahual (Mexique), la côte est longée par la mangrove, une zone d’eau saumâtre où poussent les palétuviers. Un petit paradis pour Luis Fernando Amezcua, qu’il fait d’habitude découvrir aux touristes. « C’est un habitat pour les araignées, pour les insectes, un refuge pour les poissons. Ce sont des nurseries naturelles, elles contribuent à préserver de nombreuses espèces. Les poissons viennent de la mer, entrent ici, pondent leurs œufs et trouvent une protection parmi les racines de la mangrove », détaille le guide interprète environnemental.

S’il nous y emmène ce jour-là, c’est pour nous expliquer l’importance de cet écosystème menacé. « Si la planète était un corps humain, la mangrove en serait les reins, un filtre. Mais 60% des mangroves de cette région ont déjà été dégradées », indique-t-il. Selon lui, le responsable, c’est le tourisme de masse, symbolisé par d’immenses navires de croisières, les plus grands du monde, qui viennent accoster dans son village. Chaque jour, ils déversent des milliers de visiteurs.

Et une compagnie de croisières voulait aller encore plus loin, en construisant un immense parc aquatique présenté en images de synthèse : capacité d’accueil de 10 000 visiteurs par jour. Sous la pression d’un collectif emmené par Luis Fernando, le projet a finalement été stoppé. Il n’en reste que des traces de mangroves détruites. « Nous avons compris qu’il fallait défendre notre territoire. Parce qu’il est inacceptable que des personnes, uniquement pour des dollars, détruisent un écosystème qui appartient à tout le monde », souligne-t-il.

Une victoire de David contre Goliath, rare dans un Mexique où la mer est aussi fragilisée par le réchauffement climatique et des algues invasives : les sargasses. C’est sous l’eau que l’on mesure le mieux l’ampleur des dégâts. La barrière de corail a blanchi. Alors, une biologiste fait pousser des coraux dans une sorte de pépinière. Ce jour-là, elle les prélève délicatement avant de les replanter un à un dans le récif. « Lorsque nous arrivons à cette étape, nous savons que nous avons mené à bien tout le processus. Nous espérons seulement que les conditions du récif favoriseront désormais leur croissance », nous précise Geovana Leo, biologiste – ONG MARES.

Pour l’instant, un hectare a été restauré. Un bonheur immense de voir la nature prendre le relais de l’homme.


Source:

www.franceinfo.fr

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