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"Garder le sourire, ce n'est pas toujours simple" : l'appel à l'aide d'un jeune boucher du Val-d'Oise

Nos commerces de proximité sont-ils en train de disparaître ? Un boucher-charcutier du Val-d’Oise lance un appel à l’aide dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux. Derrière son témoignage, c’est tout un secteur qui s’inquiète pour son avenir.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Dans le village de Sagy (Val-d’Oise), on compte un seul boucher pour mille habitants. À 31 ans, Sébastien Siemieniec travaille à l’ancienne. Il sélectionne ses bêtes et les découpe lui-même. À son compte depuis trois ans, il porte à bout de bras son commerce avec la peur, un jour, de ne plus s’en sortir. « C’est avoir le produit avant tout. C’est ça, le plus important », assure-t-il. Il a publié une longue lettre sur les réseaux sociaux, un appel au secours. Il regrette que les clients désertent les artisans de bouche.

« La lettre, c’était vraiment pour parler de ce que j’avais sur le cœur. Parce qu’on est toujours derrière des vitrines, on a souvent un sourire pour les gens qui rentrent. Mais c’est vrai qu’on doit garder ce sourire-là, et ce n’est pas toujours simple. On n’a pas le droit de craquer, nous, donc c’est compliqué », confie le jeune artisan boucher, ému.

Le plus dur pour lui : ne pas pouvoir se rémunérer, malgré 16 heures de travail chaque jour. En cause notamment, la hausse des matières premières, le coût de l’énergie, sans compter les salaires de ses trois employés. « Aujourd’hui, je dois faire un choix entre garder mes salariés et travailler tout seul, alors que je suis déjà là 24-24 », déplore-t-il.

Ses clients fidèles, eux, n’hésitent pas à payer le prix pour la qualité. Comme une retraitée qui vient plusieurs fois par semaine. « Ce n’est pas seulement quand il y a le Covid et qu’on ne peut pas aller dans les supermarchés, il faut venir voir les petits commerçants. On a la chance d’en avoir ici, donc il faut les faire travailler. C’est indispensable », souligne-t-elle. « Je crois que c’est vraiment un pilier du village, de la place du village. Ça permet aux gens de se rencontrer, aussi. Ce n’est pas anecdotique », complète une autre.

Sa concurrence : les grandes surfaces. À 6 km de Sagy, un supermarché au parking rempli. La priorité d’une mère de famille : son pouvoir d’achat. « C’est vrai que la viande est devenue un luxe, donc on privilégie d’autres choses », reconnaît-elle. Une autre confirme : « C’est souvent le prix. Les gens, ils regardent leur porte-monnaie, la vie est tellement chère. » Une troisième met en avant la « facilité » : « Parce qu’il y a tout. On n’a pas besoin de faire plusieurs magasins, c’est surtout ça. »

Chaque année en France, près de 1 000 artisans bouchers baissent le rideau.


Source:

www.franceinfo.fr

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