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"Un coup de projecteur" : le Tour de France, une étape clé pour le développement du tourisme estival au Lioran

Le département du Cantal espère que les images de ses paysages et de ses volcans participeront à faire rayonner son territoire, enclavé et très dépendant du tourisme.


Publié le 14/07/2026 05:44

Temps de lecture : 4min

Tadej Pogacar sur le podium du Tour de France au Lioran, le 10 juillet 2024 dans le Cantal. (MARCO BERTORELLO / AFP)

Le 14 juillet est un jour de fête nationale, encore plus quand on accueille le Tour de France. La plus grande course cycliste du monde traverse mardi le Cantal pour une étape 100% cantalienne entre Aurillac et le Lioran, plus grande station de ski du Massif central et poumon économique du département. Et tout le monde, sur place, se réjouit de cet événement exceptionnel. Les hébergements affichent complet, les paysages seront mis à l’honneur et, avec un peu de chance, l’étape sera aussi mémorable qu’en 2024, lorsque Jonas Vingegaard avait coiffé Tadej Pogacar sur la ligne d’arrivée.

« Vu la diffusion et l’enthousiasme, le Tour de France ne peut être que positif pour l’image et [pour le tourisme]. Les gens qui ont vu passer le Tour ici viennent parfois ensuite », témoigne Christian Bouvet, maire de Laveissière, petit village de 500 habitants à l’année, où se situe la station.

« Le premier impact est immédiat, avec l’augmentation de la fréquentation et de la consommation avec les spectateurs et toute la logistique du Tour de France [près de 5 000 personnes entre les équipes cyclistes, les journalistes, l’organisation et la caravane publicitaire] », explique Julien Couty, directeur de l’office du tourisme Hautes Terres dans le Cantal.

Le deuxième impact, plus difficilement quantifiable, se situe à moyen et long terme. Accueillir la plus grande course cycliste du monde, c’est miser sur son rayonnement sportif pour valoriser son attractivité touristique et attirer des visiteurs. « On voit les retombées à un, deux ou trois ans, même si cet aspect est plus difficile à chiffrer. Le Tour de France déclenche de nombreux appels à l’office du tourisme : les gens nous disent qu’ils ont vu les paysages à la télévision et qu’ils aimeraient bien venir », avoue Julien Couty.

« Avec les images, certains choisiront le Cantal pour leurs vacances dans deux, trois ou quatre ans », veut croire Bruno Faure, président (LR) du conseil départemental du Cantal. Depuis que le Tour est passé en 2024, le maire de Laveissière voit lui débarquer des touristes anglais sur les routes qui tournicotent autour des volcans situés à une quinzaine de kilomètres de là.

Des spectateurs lors du passage du Tour de France entre Évaux-les-Bains (Creuse) et Le Lioran (Cantal), le 10 juillet 2024. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Des spectateurs lors du passage du Tour de France entre Évaux-les-Bains (Creuse) et Le Lioran (Cantal), le 10 juillet 2024. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Populaire et fédérateur, le Tour de France est une publicité unique. Mais ce pari sur l’avenir est aussi une histoire de gros sous. Amaury Sport Organisation (ASO), qui organise l’épreuve, demande 80 000 euros pour un départ et 120 000 euros pour une arrivée. Dans le cas du Cantal, qui accueille la journée de repos (lundi) et l’étape du 14 juillet, le ticket se chiffre à 280 000 euros, en grande partie financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes (150 000 euros), selon Bruno Faure, président du conseil départemental du Cantal.

Le département, qui détient la station du Lioran, débourse 35 000 euros, les communes et les intercommunalités paient le reste. Dans un territoire enclavé, le Tour est un « accélérateur », admet Christian Bouvet, qui s’est acquitté d’un chèque de 50 000 euros pour accueillir une étape le jour de la fête nationale. Cet investissement s’inscrit aussi dans une stratégie à plus long terme, alors que Le Lioran, comme la plupart des stations de montagne, essaient de diversifier ses activités pour attirer des touristes l’été et devenir moins dépendant du ski. A l’horizon 2050, le nombre de jours d’enneigement diminuera « d’environ deux mois sur la plupart des massifs à moyenne et basse altitudes » en comparaison à la période 1976-2005, avec un réchauffement climatique de + 2,7°C (par rapport à l’ère préindustrielle), selon Météo-France.

« Ce n’est pas le Tour qui accélère ou modifie notre stratégie de diversification, mais il permet de mettre un coup de projecteur sur le territoire », explique Laurent Fillion, directeur de la station de ski qui tire encore 90% de ses recettes de la saison d’hiver. La station a investi dans un bike-park pour le VTT de descente, propose de la luge sur rail, de la tyrolienne et un accès au Plomb du Cantal, le point culminant du département, avec son téléphérique qui sert l’hiver aux skieurs. « Accueillir le Tour fait partie de ma politique d’attractivité », reconnaît le président du conseil départemental du Cantal, qui est propriétaire de la station où les favoris du général, dont Tadej Pogacar et Paul Seixas, pourraient se disputer la victoire.

« Dans tous les territoires de montagne, la question du ski est sous-jacente et, de manière générale, [les collectivités locales] accueillent le Tour de France pour montrer que la montagne ne vit pas que l’hiver », analyse Antonin van der Straeten, docteur en géographie à l’université Savoie Mont-Blanc, à Chambéry. S’il rappelle que « les bénéfices de l’hiver financent l’été », le chercheur, auteur d’une thèse sur le Tour de France, voit aussi dans la candidature du Lioran « une volonté départementale d’ancrer le Cantal sur la carte du Tour ». Et de s’inscrire, à terme, comme une terre de vélo pour les cyclistes ?


Source:

www.franceinfo.fr

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