Jet ski en zones interdites, consommation de drogue ou d’alcool sur les bateaux… Chaque été, la mer devient le terrain de jeux des vacanciers, avec de plus en plus de comportements à risques ou dangereux. Les forces de l’ordre multiplient les contrôles pour traquer ces délinquants des mers. Le « 20 Heures » a enquêté sur ce phénomène.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
À quelques mètres de la plage au Lavandou (Var), intervention des gendarmes dans une zone de baignade très fréquentée. Un bateau à moteur est stationné au milieu des paddles et des nageurs. Le gendarme photographie l’engin pour l’identifier : « Il va redémarrer et obligatoirement remettre son moteur en marche. C’est un danger pour les nageurs. Il nous a très bien vus, je pense, il doit être sur la plage, il ne s’est pas manifesté parce qu’il sait qu’il est en tort », commente l’adjudant David Autier, gendarme.
En haute saison, le défi de la cohabitation en mer. Les baigneurs côtoient des plaisanciers, souvent amateurs. Sur son jet-ski, un vacancier ignore qu’il navigue en zone interdite : « Cette zone-là, c’est pour protéger les gens qui sont à l’intérieur : les baigneurs, les véliplanchistes, les paddles », indique David Autier.
Comme les gendarmes sur la route, ils traquent les excès de vitesse. « Clairement, quand je lui demande quelle est la limitation de vitesse dans les 300 m, il me dit 15 nœuds. Donc c’est quelqu’un qui n’est pas du secteur, qui ne navigue pas régulièrement, et qui je pense a oublié la réglementation », constate le gendarme après avoir intercepté un bateau.
Mais leurs moyens de contrôle sont bien plus limités que leurs homologues : « Tout ce qu’on peut faire, c’est constater l’infraction, la verbaliser et ensuite transmettre pour une décision. » Impossible pour eux de réaliser des contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants. Mais la loi pourrait changer grâce au combat d’un père. Il y a un an, Benjamin Mano, 8 ans, participe à un stage de voile dans le bassin d’Arcachon (Gironde). L’enfant est percuté par le bateau d’un marin-pêcheur et décède sur place. Le professionnel sera testé positif aux stupéfiants et mis en examen.
Depuis l’accident, le père de Benjamin se bat pour que les délinquants des mers soient davantage sanctionnés. « Ce qu’on veut, c’est que quand on navigue, si on commet une infraction, on ait les mêmes sanctions que sur la route. J’ai l’impression qu’il y a un sentiment d’impunité chez les navigateurs. Donc, on veut lutter pour que ce type d’accident n’arrive plus à l’avenir. C’est trop dur à vivre et Benjamin ne le méritait pas et personne ne le mérite », développe Cédric Mano. Un an après le drame, un amendement vient d’être adopté par l’Assemblée nationale. La loi autorisant les contrôles en mer doit être votée mercredi 15 juillet.
Chaque été, la mer devient le terrain de jeu de milliers de vacanciers avec de plus en plus d’activités. Sur les plages du Lavandou, certains baigneurs redoutent la proximité avec les appareils. « Les bateaux, les petits, en général, qui tracent ou les jets skis, il faut faire attention », souligne une baigneuse. « J’ai eu un bateau qui était proche de moi et ça m’a un peu inquiété », reconnaît une autre. « On fait attention, surtout avec les enfants et tout, on ne dépasse pas les bouées, mais c’est vrai que, oui, des fois, certains arrivent un peu vite, ça arrive fort », témoigne une troisième.
Aucun risque pour Floriane Dupont, monitrice de jet ski Jet007, tant que chacun reste dans son périmètre. « La zone de baignade, c’est vraiment ici, à l’intérieur des 300 mètres. Nous, on a juste le petit chenal à emprunter et après, on est dans la baie. Mais normalement, on n’est pas censé croiser de baigneur », indique-t-elle. L’école a tout de même investi 3 000 euros par saison pour un système de géolocalisation. « Ce sont des balises GPS qui sont connectées aux jets. Ça nous permet d’avoir un suivi GPS. On a la position en temps réel des jets. Si les jets sont trop proches, ça va ralentir, ils ne peuvent plus accélérer. Pareil, s’ils sont trop proches de la côte », explique Yoan Soyer, moniteur de jet ski Jet007.
Chaque été près des plages, l’activité nautique s’intensifie. Le nombre d’opérations de secours en mer augmente lui aussi : plus 10% l’an dernier.
Source:
www.franceinfo.fr


