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"Ce sera massif" : Emmanuel Macron promet "un défilé historique" pour le dernier 14-Juillet de son double quinquennat

Le Président vante son bilan en matière de défense et de réarmement face aux nouvelles menaces géostratégiques qui sont apparues depuis dix ans.


Publié le 14/07/2026 05:41



Mis à jour le 14/07/2026 05:46

Temps de lecture : 5min

Emmanuel Macron passe en revue les troupes, lors du traditionnel défilé du 14-Juillet à Paris, en 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Emmanuel Macron entame le cycle des dernières fois. Il assistera, mardi 14 juillet, à l’ultime défilé militaire de son double quinquennat. Si le président de la République répète qu’il exercera sa fonction jusqu’au bout, ne souhaitant pas donner le sentiment de se livrer à une longue tournée d’adieu, va-t-il commencer à esquisser un bilan de son action et à façonner l’héritage qu’il va laisser derrière lui ?

« C’est un défilé très cohérent avec l’engagement européen du président depuis le début, y compris sur les sujets de défense », répond son entourage. Ce 14 juillet 2026 est en effet avant tout l’occasion d’une intense activité diplomatique, avec la réunion de la Coalition des volontaires sur la question ukrainienne.

Lundi, le chef de l’Etat a en effet réuni, à Paris, 37 pays favorables à un appui renforcé à l’Ukraine. A ces rencontres s’ajoute la participation de soldats appartenant aux armées de la coalition. Ils seront environ 500 et ouvriront le défilé devant une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernements. « C’est vraiment un défilé qui sera historique parce qu’il y a ce côté international qui sera vraiment un symbole fort de l’Europe qui se réveille, qui prend conscience de la dangerosité du monde et qui prend conscience qu’il faut prendre en main son destin », explique l’entourage d’Emmanuel Macron. Pour le symbole, ce sont des militaires ukrainiens qui clôtureront cette partie du défilé, sous les yeux de Volodymyr Zelensky, présent dans les tribunes officielles.

L’Elysée annonce que le record de participants sera battu : 6 800 soldats défileront à pied, contre 5 800 l’an dernier. Il y aura également 30% de véhicules et d’aéronefs en plus. « Ce 14-Juillet sera massif », promet l’Elysée, et devra traduire en image les augmentations de budgets dans le cadre de la loi de programmation militaire devant mettre en œuvre le réarmement souhaité par Emmanuel Macron pour faire face aux crises géopolitiques. « On a choisi de faire défiler des hélicoptères au-dessus des chars, de façon à reproduire un petit peu ce qui se passe sur le champ de bataille », précise la présidence.

Cette mise en scène n’est pas au goût de Laurent Jacobelli, député RN de Moselle. « C’est un défilé dont on se demande s’il n’est pas plus là pour satisfaire l’ego d’un homme que [mettre en avant] le courage de nos armées », confie à franceinfo ce membre de la commission Défense à l’Assemblée nationale. « Il tire à lui ce 14-Juillet comme à son habitude en matière de communication », juge Cédric Perrin, président LR de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat. « Mais c’est indéniable que le budget des armées a doublé pendant ses dix ans au pouvoir », poursuit le sénateur du Territoire de Belfort, défendant dans les colonnes du Figaro un effort encore plus intense, à l’image de ce que font nos voisins européens.

« C’est un 14-Juillet hors norme en effet, commente Eléonore Caroit, ministre déléguée en charge de la Francophonie et des Partenariats internationaux. Mais ce n’est pas un coup d’éclat de fin de double mandat, c’est une continuité du fil rouge de son quinquennat qui est que la France pèse au-delà de ses frontières », poursuit-elle. « L’image du défilé sera forcément émouvante et marquante, mais cette continuité doit survivre au président actuel », conclut-elle, renvoyant l’enjeu aux futurs candidats à la présidentielle de 2027.

Car ce 14-Juillet est l’occasion pour Emmanuel Macron d’esquisser un bilan de son action en matière de défense. « Les armées qui défileront, ce ne sont pas les armées de 2017. C’est vraiment une armée modernisée prête au combat », explique l’entourage du chef de l’Etat, ouvrant la fenêtre à un examen de son héritage.

La veille, pour son dernier discours aux armées, il a affirmé avoir tenu les promesses du double quinquennat. « L’engagement a été tenu, les faits sont là et l’histoire jugera », a-t-il déclaré, rappelant qu’en 2017, il annonçait « que le budget de la défense serait augmenté et que la France et ses armées seraient à la hauteur de leurs devoirs et responsabilités ».

Pourtant il y a dix ans précisément, le premier 14-Juillet d’Emmanuel Macron avait été marqué par un clash avec le chef d’état-major de l’époque, Pierre de Villiers. Celui-ci avait démissionné après avoir été recadré par le nouveau président, soucieux d’asseoir son autorité alors que le général s’était inquiété en public de la baisse du budget alloué aux armées. Les observateurs parlaient alors de rupture de confiance, un député LR évoquait la crise la plus grave depuis la Guerre d’Algérie et tous se demandaient comment le président, chef des armées, allait pouvoir instaurer un lien avec celles-ci après cette rupture originelle.

Il avait alors promis une hausse de budget en conformité avec son programme présidentiel. « Le réarmement et l’autonomie stratégique européenne, ce sont deux thèmes que le président de la République a été le premier en Europe à initier. Avant même l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avant même l’actualité des derniers mois, le président a décidé de réarmer la France », s’enorgueillissent aujourd’hui ses proches. « Il y a un effet d’optique, tempère le sénateur Cédric Perrin. On avait tellement coupé dans les budgets avant lui, que ce retour à la normale des années 1970-1980 apparaît comme un grand pas en avant ».

Y aura-t-il du monde pour la dernière d’Emmanuel Macron ? Les personnes désireuses d’assister au défilé ont dû s’inscrire en ligne sur le site de l’Elysée et ont reçu un QR code nominatif afin d’accéder au périmètre. D’ordinaire, l’accès est libre sur le parcours. Cette année, plus de 50 000 personnes se sont inscrites, a fait savoir la préfecture de police, mettant en avant des questions de sécurité liées à la présence de nombreux chefs d’Etat étrangers pour justifier le dispositif.

« Emmanuel Macron est un roi nu qui se protège du public non convié », cingle Laurent Jacobelli, sous-entendant que le chef de l’Etat craint d’éventuels sifflets. Ce fut le cas en 2019, dans le prolongement du mouvement des « gilets jaunes ». Même s’il prend le temps de discuter avec les invités dans les tribunes à l’issue du défilé, le 14-Juillet n’est pas l’occasion d’un bain de foule improvisé, comme il peut le faire dans d’autres déplacements. Cette édition ne devrait pas échapper à la règle, car le moment n’est pas encore celui de dire au revoir aux Français. « Même s’il est évidemment attaché à ce moment de la vie nationale qui célèbre l’unité du pays autour de ses armées », commente son entourage.


Source:

www.franceinfo.fr

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