L’enseigne de grande distribution a entamé une transformation de ses magasins, mais aussi de ses équipes. Certains salariés et les syndicats dénoncent « un malaise », quand la direction évoque « un nouveau Monoprix en marche ».
Publié le 13/07/2026 11:31
Mis à jour le 13/07/2026 11:46
Temps de lecture : 2min
« Malaise » dans l’arrière-boutique ? Après le départ de plus d’une vingtaine de directeurs et de directrices de magasins Monoprix depuis le début de l’année, en Île-de-France, la CGT évoque un sentiment de « malaise » au sein de l’enseigne. Or, c’est au moment-même où la marque est en pleine évolution : nouveau logo, rénovation de tous ses magasins et même formation des managers entièrement repensée dans des « magasins-écoles »…
« Des exécutants pur et simple », estime Paula*, directrice d’un Monoprix en Île-de-France et 20 ans de maison. Les 35 nouveaux dirigeants de magasins se voient demander « d’être moins dans la bienveillance », assure-t-elle.
« Il faut sanctionner. Et virer, si besoin », selon elle. « Effectivement, je comprends pourquoi ils ont besoin de nouvelles personnes qui n’ont pas vécu ce Monoprix à taille humaine… C’est ce qui était appréciable, mais cette âme-là est en train de disparaitre », poursuit Paula. « C’était une entreprise où les gens étaient joyeux, maintenant, ce n’est plus la même ambiance. Vous êtes là aujourd’hui, vous n’êtes pas sûr d’être là demain », décrit-elle.
« On vit une situation où chacun est un petit peu isolé dans son petit coin. Cela réjouit ceux qui veulent mener cette politique de changement brutale. »
Paula*, directrice d’un Monoprix en Île-de-France et 20 ans de maison.à franceinfo
Ce n’est pas le sentiment de Laurent, directeur du Monoprix situé en face de la gare Montparnasse, en face de la gare parisienne. Lui, a « une expérience dans plusieurs enseignes de la grande distribution. Je n’ai jamais vu une enseigne dans laquelle les collaborateurs étaient aussi heureux de pouvoir travailler. Il y a un sentiment d’appartenance très fort. Donc, il y a une vraie fidélité à l’enseigne », ainsi qu’une « vraie relation humaine qui s’installe entre la direction et les équipes », selon Alexandre, qui termine sa formation pour devenir directeur d’un magasin de l’enseigne.

« C’est un nouveau Monoprix qui est en marche », appuie Philippe Piron, directeur des ressources humaines qui parle « d’homogénéisation » dans l’entreprise, avec l’objectif d’avoir « un même niveau partout en France ». Ce à quoi « l’intelligence artificielle va contribuer ».
« On va avoir des lunettes de réalité virtuelle qu’on peut mettre sur un manager »
Philippe Piron, directeur des ressources humaines chez Monoprixà franceinfo
« Il va devoir réagir par rapport à un contexte qu’on va lui décrire. Cette IA conversationnelle permet d’analyser à la fois les décision mais aussi la forme, le niveau de persuasion » du manager, « quels sont les mots utilisés, quelle est la posture ? C’est le dialogue qui doit être juste. Des managers qui sont à la fois exigeants et à la fois encourageants. L’un ne va pas sans l’autre », plaide Philippe Piron.

Une réorganisation dans une contexte économique tendu pour la maison mère Casino. Le groupe (Monoprix, Franprix, Naturalia, Cdiscount, etc.) est passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024, et doit rembourser 1,4 milliard d’euros en mars 2027.
*Le prénom a été modifié.
Des salariés de Monoprix inquiets face aux changements de l’enseigne : le reportage de Sophie Auvigne
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Source:
www.franceinfo.fr


