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La forêt de Fontainebleau confrontée à un feu extrême comme ailleurs en France

Cinq cents pompiers sur le terrain, avec des renforts venus de tout le pays, l’engagement inédit en Île-de-France d’avions bombardiers d’eau (Dash et Canadair), un incendie qui « n’est pas fixé », l’A6 fermée et même ce lundi après-midi « un nouveau départ de feu » d’après le préfet de Seine-et-Marne. Le sinistre qui s’est déclaré dimanche vers 17h à 60 kilomètres de Paris est le pire incendie depuis ceux de 1921 (762 hectares) et de 1945 (825 ha), selon les archives remontant à 1863, relève Sophie David, responsable du service environnement et accueil du public à l’ONF Ile-de-France-Est et archéologue spécialiste de Fontainebleau, interrogée par l’AFP.

Et des données officielles, relevées par l’AFP, montrent que cet incendie se classe d’ores et déjà parmi les feux les plus importants dans la moitié nord de la France depuis le début du XXIe siècle. Alors que le vent recouvre la zone, soufflant sur les cendres dans un air quasiment irrespirable, obstrué par la fumée.

Une enquête est ouverte, aucune piste n’est écartée, a précisé le parquet. Quand, sur place, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé que le sinistre pourrait avoir « une origine volontaire », ce que suggère la découverte d' »une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1 000 mètres ».

En fin de semaine dernière, avant ce feu, nous étions justement en reportage dans cet emblématique massif forestier où l’Office national des forêts (ONF), en lien avec les pompiers, se prépare à l’arrivée de ces feux extrêmes depuis dix ans.

Depuis avril, 20 départs de feu, toujours à cause d’une négligence humaine

« Beaucoup de personnes traversent la forêt et balancent les canettes, les bouteilles et les mégots qui sont très inflammables. » Alexandre Butin est le responsable territorial adjoint du massif de Fontainebleau depuis près de quinze ans. Cet agent de l’ONF montre les fougères, bruyères et pins roussis. Un vrai paysage d’automne, soupire-t-il devant un pluviomètre vide.

Un pluviomètre vide dans la forêt de Fontainebleau. ouvrir crédits photo
Un pluviomètre vide dans la forêt de Fontainebleau. ©Radio France – Cécile de Kervasdoué

« Ben là, il est bien sec. Ces jours ci, on n’a pas eu de pluie depuis la mi-mai, alors ça nous donne une indication pour le risque feu de forêt. Donc c’est le taux d’hygrométrie qui est inférieur à 30 %, les 30 degrés qui sont passés et les 30 kilomètres heure de vent qui viennent accentuer ce phénomène d’assèchement et de risques feux de forêt. »

Depuis le mois d’avril, il y a déjà eu 20 départs de feux, toujours à cause d’une négligence humaine. L’ONF a pourtant renforcé les patrouilles de prévention pour les 15 millions de visiteurs annuels. « Effectivement, j’ai moins conscience du risque en Île-de-France que dans le Sud. » reconnaît une femme de passage. Une autre explique qu’elle vit avec sa famille dans la zone. Et quant à débroussailler ? « Non, nous personnellement, nous aimons laisser à la nature son espace. »

La forêt desséchée, terrain très favorable aux incendies. ouvrir crédits photo
La forêt desséchée, terrain très favorable aux incendies. ©Radio France – Cécile de Kervasdoué

Un débroussaillage souvent obligatoire et des pompiers formés comme dans le Sud

Dans seize communes de la forêt de Fontainebleau, le débroussaillage est devenu obligatoire. Une mesure qui fait partie d’un plan anti-incendie mis en place à Fontainebleau depuis plus de dix ans entre l’ONF et les pompiers. Pour le chef des pompiers de Fontainebleau, le lieutenant colonel Olivier Comtat, « Ce n’est plus une histoire de forêt méditerranéenne. C’est une histoire maintenant de territoire national. » L’intégralité de son équipe est aujourd’hui formée et équipée pour pouvoir affronter des incendies extrêmes.

« Nous avons donc trois points haut avec des caméras à 360 qui surveillent la forêt. Et depuis un an et demi maintenant, 100 % des départs de feu ont été vus par l’IA. Cela a permis un gain de temps qui va de deux minutes à 40 minutes quand c’est dans des secteurs beaucoup moins fréquentés. »

Les pompiers de la zone et Alexandre Butin, le responsable territorial adjoint du massif de Fontainebleau (ONF). ouvrir crédits photo
Les pompiers de la zone et Alexandre Butin, le responsable territorial adjoint du massif de Fontainebleau (ONF). ©Radio France – Cécile de Kervasdoué

L’ONF a aussi élargi les routes pour acheminer les camions de pompiers. Elle a enterré six citernes d’eau et elle tente maintenant de rendre les arbres plus résistants aux risques feux, détaille Alexandre Butin :

« Nous misons beaucoup sur la régénération naturelle de nos chênes, accompagnés d’espèces plus méridionales, comme le chêne pubescent qui va s’hybrider avec nos chênes locaux pour pouvoir ramener plus de résilience. »

Car des arbres qui manquent d’eau transforment moins de CO2 en oxygène et la forêt est alors un poumon beaucoup moins performant.


Source:

www.radiofrance.fr

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