
Charlotte Valandrey est morte un 13 juillet, en 2022, à seulement 53 ans. C’était quelques semaines après une seconde greffe du cœur qui n’avait malheureusement pas fonctionné.
Derrière la comédienne révélée dans Rouge Baiser, le public a découvert une femme au parcours marqué par les épreuves. Elle était aussi profondément attachée à ses racines.
Parmi les lieux qui ont compté dans son existence, une maison familiale en Bretagne, située à Pléneuf-Val-André, occupait une place à part. Construite par son père alors qu’elle n’avait que 7 ans, elle est devenue son refuge pendant près d’un demi-siècle.
Une maison née du rêve de son père
Pour Charlotte Valandrey, cette demeure n’était pas une simple résidence secondaire. Elle représentait toute une histoire familiale. Son père avait imaginé un projet très personnel. Et ce, en récupérant les pierres d’une ancienne bâtisse en ruines avant de la reconstruire à l’identique sur un terrain qu’il venait d’acheter.
Dans un entretien accordé à Côté Maison en 2017, la comédienne racontait avec émotion la naissance de ce lieu si particulier. « Au départ, mon père a récupéré les pierres d’une ancienne maison en ruines. Ensuite il l’a fait reconstruire à l’identique sur un terrain qu’il avait acheté. J’avais 7 ans. Puis j’y ai passé tous mes étés. C’est devenu ma « maison-refuge ». »
Au fil des années, cette demeure est devenue le théâtre de tous ses souvenirs d’enfance. Chaque été, elle retrouvait la Côte d’Émeraude et la station balnéaire de Pléneuf-Val-André, qui inspirera d’ailleurs son nom de scène. Bien loin de l’agitation parisienne, elle y retrouvait un rythme de vie plus paisible et des repères qui ne changeaient jamais.
Cette maison l’a accompagnée à toutes les étapes de sa vie. Adolescente, jeune actrice, mère de famille puis femme confrontée à la maladie, elle revenait régulièrement dans ce cocon familial pour se ressourcer. Elle y écrira même une grande partie de son roman Bombay, mon amour, preuve que ce lieu nourrissait aussi son inspiration.
Une décoration fidèle à l’âme des lieux
Si Charlotte Valandrey aimait tant cette maison, c’était aussi parce qu’elle refusait d’en trahir l’histoire. Elle avait choisi de conserver la majorité des meubles de famille. Elle en avait hérité de ses parents et de ses grands-parents. En effet, elle voulait préserver le caractère authentique de la bâtisse.
Dans le salon, une immense cheminée occupait une place centrale. C’était son endroit préféré. « J’aime lire, installée dans l’un des canapés près du feu de cheminée, et où on peut se retrouver à plusieurs. En hiver, il y a une lumière douce. L’été, il y fait frais et c’est très agréable », expliquait-elle.
Autour de cette cheminée, le mobilier racontait lui aussi une histoire familiale. Un vaisselier provenant de l’appartement de son enfance, des fauteuils en velours, une grande table en bois. Mais aussi des chaises dont les assises avaient été brodées par sa grand-mère. Il y avait des placards récupérés dans l’ancienne pharmacie de son grand-père, également. Ils donnaient à la maison une atmosphère chaleureuse.
La comédienne y avait tout de même apporté quelques éléments plus personnels. « J’ai aussi apporté mes canapés et fauteuils de Paris. Il y a deux ans, j’ai affiné en ajoutant quelques petits objets : une lampe sur une grande malle, des coussins et des bougies. C’est ma petite touche finale campagnarde. Désormais, je ne bouge plus rien car je veux que cette maison reste dans son jus et garde son âme. »
Un refuge où elle retrouvait le calme après les épreuves
Au-delà de sa décoration, cette maison représentait surtout un refuge. La Bretagne offrait à Charlotte Valandrey une parenthèse loin des tournages, des médias et des nombreux combats qu’elle a dû mener tout au long de sa vie.
Diagnostiquée séropositive à seulement 17 ans, puis victime de graves complications cardiaques qui l’obligeront à subir une première greffe du cœur en 2003, l’actrice n’a jamais cessé de chercher des lieux où reprendre son souffle. Cette demeure familiale est devenue l’un d’eux.
Elle appréciait particulièrement le silence qui y régnait. La télévision y restait souvent éteinte. Les journées s’organisaient autour de la lecture, des discussions entre amis ou de longues promenades. Les murs blancs, le bois omniprésent, les tomettes anciennes et les touches de couleur apportées par un canapé vert d’eau, un fauteuil bleu ciel ou des coussins fleuris participaient à cette atmosphère douce et apaisante.
Même sa chambre reflétait cet équilibre entre souvenirs et simplicité. Un tableau hérité de son grand-père côtoyait un portrait d’elle réalisé pour le film Taxi Boy, tandis qu’un lustre orné de plumes apportait une note plus fantaisiste. « J’aime jouer avec les couleurs de la housse de couette et des coussins », confiait-elle.
Jusqu’à la fin de sa vie, Charlotte Valandrey est restée profondément attachée à cette maison construite grâce au rêve de son père. Plus qu’une résidence de vacances, elle incarnait sa mémoire familiale, ses racines et une forme de sérénité qu’elle retrouvait à chaque retour en Bretagne. Un lieu où le temps semblait suspendu, et qui l’aura accompagnée, fidèle et immuable, tout au long de son existence.
Mentionnés dans cet article
Sur le même sujet
Source:
www.public.fr


